CARBONNEAU Charles, Léonard

Par Notice revue et complétée par J.-C. Vimont

Né en 1782 à Pont-l’Évêque (Calvados), guillotiné à Paris le 27 juillet 1816 ;victime d’une provocation policière sous la terreur blanche ayant pour but de mâter toute velléité de conspiration et d’opposition républicaine à la monarchie restaurée depuis peu.

Maître d’école, puis écrivain public à Paris, rue Pavée-Saint-Sauveur, n° 8, marié et père de sept enfants, Carbonneau fut entraîné dans une conspiration républicaine, l’affaire des Patriotes de 1816, par un agent provocateur qui lui avait avancé de l’argent à un moment de difficultés matérielles. Son rôle et celui des deux autres principaux inculpés, Plaignier et Tolleron, avait consisté à distribuer aux autres conspirateurs ou prétendus tels, qui les avaient acceptées, des cartes dont on ne sait s’il s’agissait de signes de reconnaissance ou de preuves d’appartenance à une société secrète. Ils avaient également rédigé une proclamation tendant au renversement du gouvernement. Des réunions s’étaient tenues dans des cafés où furent prononcées des paroles hostiles à la monarchie. Un provocateur s’y était glissé, prônant la destruction des Tuileries par l’explosif.
La police parisienne arrêta, du 26 avril au 1er mai 1816 une centaine d’individus suspectés de conspiration. L’instruction dura 24 jours et aboutit à la mise en accusation de 28 prévenus devant les assises de la Seine et le transfert de trois autres devant le tribunal de Chalons. Le procès commença le 27 juin.
Condamné à mort le 7 juillet 1816, ainsi que ses deux acolytes, par les assises de la Seine, qui prononcèrent deux condamnations à cinq ans de prison, deux à six ans, deux à huit ans, quatre à dix ans de réclusion, sept déportations et huit acquittements, Carbonneau et ses deux infortunés camarades eurent non seulement la tête tranchée mais aussi le poing coupé, comme parricides ou régicides.
Tout s’était borné à des parlotes entre petites gens victimes de la disette alimentaire et qui avaient évoqué sans doute le temps des taxations révolutionnaires et peut-être le babouvisme, car l’un d’eux, Lefranc*, vieux révolutionnaire, jacobin tenace, avait été proche des Égaux. Il s’agissait en fait d’une provocation policière destinée d’une part à châtier d’anciens révolutionnaires qui, dans les faubourgs parisiens, n’avaient pas perdu toute espérance et, d’autre part, à justifier les lois répressives qui « légalisaient » la Terreur blanche.
Émile Babeuf était d’ailleurs impliqué dans une affaire parallèle, mais sans lien. Voir Babeuf É.*, Lefranc*, Plaignier*, Tolleron*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28083, notice CARBONNEAU Charles, Léonard par Notice revue et complétée par J.-C. Vimont, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par J.-C. Vimont

SOURCE : Arch. PPo, A a/333, 334 et 335, E a/69 et 72.

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