CARPENTIER Eugène [CARPENTIER {Eugène}, Louis, Joseph]

Par Michel Cordillot, F. Gaudin

Né le 22 août 1821, à Avignon (Vaucluse) ; publiciste progressiste ; libraire.

"Monté" à Paris, Eugène Carpentier fonda en 1844 le journal mensuel La Colonne (1844-1847). Il en était rédacteur en chef lorsqu’il ouvrit une souscription pour la Pologne en mars 1846. Le 9 octobre suivant, il fut poursuivi pour attaque contre le serment, et condamné à 3 mois de prison et 1,000 fr. D’amende. Son appel fut rejeté.
En 1848, Eugène Carpentier publia trois brochures : une Protestation, adressée aux membres du gouvernement provisoire, contre le maintien des lois de Septembre en ce qui concernait le timbre et le cautionnement des journaux, parue le 3 mars ; puis, en septembre, Un mot pour la solution du problème social et, en octobre, Causes des journées de Juin. En septembre, il fut membre du Comité général démocratique pour l’élection du Président de la République qui soutenait Louis-Napoléon Bonaparte.
Il fut ensuite le gérant de La Tribune des peuples, d’Adam Mickiewicz, journal qui, lancé le 15 mars 1849, fut suspendu par arrêté, le 16 mai suivant. Puis il fut arrêté suite à la journée du 13 juin 1849 et fut libéré en août 1849. Il fonda alors l’association la Ligue des Peuples et dirigea la Revue de la Ligue des Peuples, publication mensuelle, qui avait pour devise « Une seule armée. Un seul droit. Plus de douane. » Quatre numéros parurent d’avril à août 1850. L’Administration de la Ligue des peuples publia Les martyrs, confesseurs de la vérité démocratique, dont il signa l’introduction.
Il fonda la Propagande démocratique et sociale européenne, société ayant pour but de « répandre, en France et à l’étranger, tous les écrits relatifs au Socialisme » et fit partie de son comité de lecture, aux côtés d’Eugène Sue, Michel (de Bourges), Greppo, Schoelcher, Agricol Perdiguer, Henri Lecouturier, etc. La Propagande publia notamment Le Toast aux Paysans de Félix Pyat, et La Mort de Jésus. Tragédie sociale de Xavier Sauriac.
Suite à la publication de ce dernier ouvrage, il fut condamné le 18 juillet 1851, ainsi que Jules Ballard, à 3 mois d’emprisonnement et 500 F d’amende par la cour d’assises de la Seine pour excitation à la haine et au mépris des citoyens les uns contre les autres, attaques au principe de propriété et aux droits de la famille. Toujours en 1851, il fut aussi condamné pour un deuxième délit de presse à six mois de prison et 1000 F. d’amende.
Peu avant le coup d’État du 2 décembre 1851, Eugène Carpentier succéda à Jules Ballard à la tête de la librairie démocrate-socialiste fondée en 1848 et sise 1 rue des Bons-Enfants, à Paris 2e arr. (actuel 1er), qui avait édité entre autres Chipron, Joigneaux et Raginel. La librairie, qui tenait encore durant l’été 1852, possédait de nombreux correspondants, (voir J.-B. Dubois) parmi lesquels Massoc « correspondant de la société pour la propagande démocratique et sociale dirigée par Eugène Carpentier », selon J.-P. Damaggio.
Dans les années 1852-1856, Eugène Carpentier participa à la rédaction du Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre. Il collabora également à la Nouvelle biographie générale du Dr Hoefer. Il dirigeait, en 1884, le journal d’Henry Oriol, gendre et successeur de Maurice Lachâtre, La Chronique judiciaire où écrivirent Léon Cladel, Hector France, Paul Heusy, Jules Jouy et Charles Lamour.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28121, notice CARPENTIER Eugène [CARPENTIER {Eugène}, Louis, Joseph] par Michel Cordillot, F. Gaudin, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 juin 2021.

Par Michel Cordillot, F. Gaudin

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 3 M 74. — Arch. Nat. F18 269. - Le Moniteur, 19 juillet, 12 octobre 1851. — Note de M. Cordillot. - Arch. P.Po, fichier alphabétique. — Le Moniteur, 19 uillet, 12 octobre 1851. — Le canton de Lavit à l’heure du coup d’Etat de 1851, Jean-Paul Damaggio, Association 1851 pour la mémoire des Résistances républicaines. — Fernand Drujon, Catalogue des ouvrages, écrits et dessins de toute nature, poursuivis, supprimés ou condamnés, Librairie Édouard Rouveyre, Paris, 1879. — Eugène Sue et alii, Le Républicain des campagnes, Paris, 1851 – La Révolution de Février 1848 et la Seconde , catalogue n° 88, Paris, J.-J. Magis, 73 p.— François Gaudin, Maurice Lachâtre, éditeur socialiste (1814-1900), Limoges, Éditions Lambert-Lucas, 2014. — Henry Izambard, La presse parisienne : statistique bibliographique..., Paris, Krabbe, 1853.

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