CARPENTRAS Guillaume, Noël, dit aîné

Né le 7 avril 1796 à Toulon (Var), mort en 1876 ; membre du comité directeur de la Société de Droits de l’Homme , président du club de la Montagne en 1848 ; disciple et correspondant de Flora Tristan.

Fils de Joseph Carpentras, canonnier marin et de Élisabeth née Lion (écrit aussi Lienne et Lhenne), Guillaume Carpentras, peintre en bâtiment, domicilié à Marseille à partir de 1818. Il s’était marié le 22 septembre 1816 à Toulon, avec Marie Auguste Monier. Le couple eut un fils, Jean-Pierre, (1925-1895), qui fut peintre en décors.
Sous la monarchie de Juillet, il se vantait d’avoir été membre actif de toutes les organisations d’opposition et des sociétés secrètes depuis les débuts de la Restauration. Il avait été en tout cas membre du comité directeur de la Société des Droits de l’Homme, élu le 8 avril 1834. Il contribua aussi, en 1844, à la formation d’un cercle de l’Union ouvrière où on lisait les journaux d’opposition démocratique et sociale, en particulier L’Atelier et La Réforme.
Carpentras souhaitait la fusion entre religion et socialisme. Il voulait surtout la conquête pacifique des droits de l’homme et écrivait à Flora Tristan, en 1844 : « Le temps des sociétés secrètes est fini... Demander ses droits à main armée, c’est une folie aujourd’hui... C’est avec des signatures et avec l’Union ouvrière que nous contraindrons les spoliateurs de la société à nous céder les droits que notre qualité d’homme réclame. L’union fait la force équitable et cette force fera toujours la loi sans tyrannie. »
En 1846, il soutint l’Union, société rivale des compagnonnages, et, avec Francon et Vincent Guillermain*, il collabora à La voix de l’humanité.
« Démagogue très ardent », il présidait en 1848 le club de la Montagne. Il fut condamné à la surveillance par la Commission mixte des Bouches-du-Rhône et affranchi provisoirement de cette peine en juin 1856.
Carpentras aîné, comme il disait lui-même, fut aussi l’auteur de poèmes dans lesquels il défendait les idées de réforme sociale.
Il fut l’un des plus fidèles disciples de Flora Tristan, il échangea une intense correspondance avec la voyageuse du Tour de France (onze lettres adressées à la messagère socialiste et deux réponses de cette dernière nous ont été conservées).
Ce devait être, à la cinquantaine, un disciple de Proudhon puisque nous le voyons porter à Paris le produit de collectes marseillaises à Proudhon, en août 1848. Voir Bouis*, Meynier Joseph*, Michel Gabriel*, Rambaud Michel*, Dr Sollier*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28127, notice CARPENTRAS Guillaume, Noël, dit aîné, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 3 avril 2021.

ŒUVRES : La voix de l’humanité, chansons et poésies, par V. Guillermain, cordonnier à Lyon, Carpentras aîné, peintre en bâtiments, A. Francon, typographe, Lyon, Imprimerie de Pommet, 1846. — Mes pensées démocratiques, Marseille, imprimerie Carnaud, 1847. — Vivre en travaillant, chanson dédiée par Carpentras aîné à la Société des ouvriers peintres, dont il fait partie, Montpellier, Flamant, impr., s. d. (1851), (Bibl. Nat. Ye 970/35).

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/11, lettre du commissaire de police au préfet en date du 21 août 1848 ; M 105, Dossier politique des condamnés de 1852 ; M 6/344, Historique de la Société des Droits de l’Homme. — Flora Tristan, Le Tour de France, Paris, Tête de feuilles, 1973. — Alphonse Karr, Les Guêpes, Paris, 1840. — Jules L. Puech, La vie et l’œuvre de Flora Tristan, Paris, M. Rivière, 1925, p. 236-237. — S. Michaud et L. Scheler, « Trois lettres au poète et militant ouvrier Carpentras aîné », in S. Michaud éd., Un fabuleux destin, Flora Tristan, Éditions universitaires de Dijon, 1985. — Fl. Tristan, La Paria et son rêve, correspondance, éd. S. Michaud, Fontenay-aux-Roses, ENS Éditions, 1995. — Notes de S. Michaud, E. L. Newman et de Hélène Chuquet. — État civil de Toulon.

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