CHARLES Jean

Par Notice revue et complétée par Jean Risacher et Jean-Claude Vimont

Né vers 1806, à Aigueperse (Puy-de-Dôme), marchand de vin et cafetier à Paris. Républicain de tendance révolutionnaire. Membre de sociétés secrètes. Insurgé de mai 1839.

installé et demeurant à Paris, 13, rue de Grenelle-Saint-Honoré (IVe arr., maintenant rue Jean-Jacques Rousseau, Ier). Il appartenait sans doute à la Société des Familles, son nom figurant sur les listes de Lamieussens* , et il fut entendu comme prévenu au procès d’appel des poudres en octobre 1836, mais aucune charge suffisante ne put être retenue contre lui. Il participa à l’organisation d’une caisse de solidarité pour les prisonniers politiques, dans laquelle il succéda à Raban* dans les fonctions de trésorier. La presse d’ailleurs le présentait comme « le trésorier du parti républicain, homme d’apparence froide et sereine ».
Son établissement était devenu un véritable centre de rassemblement des sociétés secrètes et c’est chez lui que s’est tenue, ou devait se tenir, l’ultime réunion des responsables de la Société des Saisons avant la prise d’armes du 12 mai 1839. Il fut bien sûr impliqué dans cette insurrection, soupçonné d’avoir utilisé les fonds destinés à soutenir les détenus politiques pour acheter des armes. Écroué à La Force, le 3 juillet 1839, inculpé avec la 2e catégorie des prévenus, il fut condamné par la Cour des pairs le 31 janvier 1840 à cinq années de détention et à la surveillance perpétuelle.
Il fut écroué dans le quartier politique de la maison centrale du Mont-Saint-Michel le 5 février 1840 avec, entre autres, Auguste Blanqui*. Un an après, jour pour jour, après un séjour difficile, il quittait le Mont pour l’asile d’aliénés de Pontorson. Il fut cité à plusieurs reprises lors des débats sur la réforme des prisons pour dénoncer les conséquences de l’isolement cellulaire. Sa peine fut réduite d’une année le 4 août 1843. Il fut libéré le 30 janvier 1844.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28495, notice CHARLES Jean par Notice revue et complétée par Jean Risacher et Jean-Claude Vimont, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 4 mars 2018.

Par Notice revue et complétée par Jean Risacher et Jean-Claude Vimont

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou, D Y 4/47-4961. — Cour des pairs, Affaire des 12 et 13 mai 1839. Rapport fait à la Cour par M. Mérilhou, Imprimerie royale, 1839-1840. — Procès des accusés des 12 et 13 mai 1839 devant la Cour des pairs, Paris, Pagnerre, 1839. — Procès des accusés des 12 et 13 mai 1839 devant la Cour des pairs. Deuxième catégorie, Paris, Pagnerre, 1840. — Gazette des Tribunaux, 13 janvier-1er février 1840. — Edmond L’Hommedé, Le Mont-Saint-Michel, prison politique sous la Monarchie de Juillet, Paris, Boivin et Cie, 1932, 195 p. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984 — C. Latta, Un républicain méconnu, Martin Bernard, 1808-1883, Saint-Étienne, Centre d’Études foréziennes, 1980. — J.-Cl. Vimont, Enfermer les politiques. Aux origines des régimes de détention politique (1810-1848), Thèse dact., Paris VII, 1991, 1295 pages. — L.-A. Blanqui, œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993.

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