CHASTAING P., F., Marius

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot

Né le 8 thermidor an VIII (27 juillet 1799) à Lyon. Gradué en droit, chef d’atelier en soierie, puis journaliste et administrateur de presse. Républicain avancé sous la monarchie de Juillet, proche de la Montagne.

Chastaing prit part à l’insurrection lyonnaise du 8 juin 1817, une insurrection à la fois bonapartiste et républicaine à forte participation ouvrière et populaire. Il fit ensuite des études en droit, puis devint chef d’atelier de soierie à Lyon. Au début de la monarchie de Juillet, militant républicain avancé, il collaborait en 1831 à La Sentinelle nationale, une feuille de tendance républicaine dont le directeur était Joseph Beuf*. À la fin de l’année, il passa à L’Écho de la Fabrique, dont il fut le rédacteur en chef du 1er juillet 1832 au 18 août 1833. Le 25 novembre 1832, dans un numéro encadré de noir, il prononça l’oraison funèbre des canuts tombés un an auparavant : « Dormez en paix, victimes de novembre ! Que la terre vous soit légère ! ... Votre sang a fécondé le sol où doit croître l’arbre de l’émancipation des prolétaires ... »
Actif politiquement, il fut le fondateur de la société des Philantropes indépendants, laquelle comptait en novembre 1833 près de 300 membres. Cette association était en réalité une copie de la Société de Droits de l’Homme. Chastaing écrivait en effet à cette dernière : " Nous déclarons au nom du comité exécutif nous unir de cœur et d’âme au programme que vous avez publié. Nous aussi nous croyons, avec vous, devoir rattacher l’ère de l’émancipation des prolétaires à la Convention Nationale. »
En octobre 1833, en désaccord avec le strict mutuellisme de L’Écho de la Fabrique il fonda le journal L’Écho des travailleurs pour y défendre des positions moins exclusives, mais toujours franchement républicaines. Il défendit dans ces deux journaux une politique d’action ouvrière pour l’amélioration du niveau de vie où semblent se retrouver parfois des influences fouriéristes.
Après les événements d’avril 1834, Chastaing lança en septembre la La Tribune Prolétaire, qui parut durant une année, et dans laquelle il se réclamait des théories économiques de J.-B. Say. En septembre 1835, il lança Le Nouvel Écho de la Fabrique, journal auquel succéda à compter du 1er mars 1845 La Tribune lyonnaise, revue politique, industrielle, scientifique et littéraire des Travailleurs.
Vers le milieu des années 1830, il était membre de la loge maçonnique de la Bienveillance, fondée par des Misraimistes. Sans être à proprement parler un disciple de Fourier*, il fit également partie du groupe phalanstérien des travailleurs de Lyon, qui se réunissait deux fois par an à l’occasion de banquets tolérés.
Le 9 mars 1848, au lendemain de la révolution de Février, il fut l’un des fondateurs à Lyon du Club de l’Égalité. Durant le même mois, il fit paraître un ouvrage intitulé Astréolégie, ou remède aux causes du malaise social (Lyon, impr. de Rodanet, in-12, 242 p.) Par astréolégie, il entendait une législation fondée sur la justice. Profondément croyant, il prit par ailleurs publiquement la défense du cardinal de Bonald, qui avait violemment été mis en cause par le journal La République.
Proche de la Montagne, il fut inquiété à l’occasion des événements de juin 1849 à Lyon. Arrêté et emprisonné le 18, il fut finalement relâché au bout de trois semaines sans avoir été jugé. Il était à cette époque marié et avait un fils. Gradué en droit, il était rédacteur en chef de La Tribune lyonnaise.
Voir Derrion Michel*, Falconnet*, Girard*, Legras*, Romand Jean-Claude*

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28547, notice CHASTAING P., F., Marius par Notice revue et complétée par M. Cordillot, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 6 août 2021.

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot

œUVRE : M. Chastaing fut l’auteur de nombreux opuscules et mémoires judiciaires, parmi lesquels on retiendra Appel à l’opinion publique par P. F. M. Chastaing, étudiant en droit, prévenu d’avoir pris part à la souscription lyonnaise en faveur des détenus en vertu de la loi du 26 mars 1820, Lyon-Paris-Grenoble, chez les marchands de nouveautés, 1820, in-8°, 14 p. — Astrée, discours maçonnique sur la justice, Lyon, mars 1838, in-8°, 60 p. — Vingt-deux jours de captivité, Lyon, au bureau de La Tribune lyonnaise, août 1849, in-12, 24 p.

SOURCES : Gabriel Perreux, Au temps des sociétés secrètes. La propagande républicaine au début de la monarchie de Juillet, Paris, Hachette, 1931. — H. Desroches, Études sur la tradition française de l’Association ouvrière. — F. Rude, Le Mouvement ouvrier à Lyon de 1827 à 1832, Paris, Domat-Montchréstien, 1944, 761 p. — F. Rude, L’Insurrection lyonnaise de novembre 1831, Paris, Anthropos, 1969. — Robert J. Bezucha, The Lyon Uprising of 1834, Cambridge, Harvard Univ. Press, 1974.

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