CHAVOIX Jean-Baptiste

Né à Excideuil (Dordogne), le 26 août 1805, mort en cette localité, le 16 septembre 1881. Docteur en médecine, commissaire du Gouvernement provisoire en 1848, député de la Dordogne en 1848, proscrit du 2 décembre, député de la Dordogne en 1877.

Chavoix fut reçu docteur en médecine en 1827 et exerça à Excideuil. Il y commença sa carrière politique en 1831 comme adjoint au maire. En 1836, il devint le premier magistrat de sa commune. En 1839, il fut élu conseiller général du canton. Il devait ses succès électoraux à son intimité avec le maréchal Bugeaud dont il était le médecin et le remplaçant au conseil général. Il se brouilla avec son client ; et Louis-Philippe, le 15 octobre 1846, le révoqua de ses fonctions de maire. Il fut encore candidat malheureux à la députation contre Bugeaud.
Ce républicain de la veille, dès qu’il connut les événements de Février, s’efforça de communiquer son enthousiasme aux habitants d’Excideuil (banquet du 12 mars), puis à tout le Nontronnais. Ses administrés baptisèrent aussitôt le foirail « Place Jean-Chavoix ». Le commissaire du Gouvernement provisoire, Dusolier*, l’installa comme maire d’Excideuil. Le 22 mars, Dusolier, révoqué par Ledru-Rollin sera précisément remplacé par un triumvirat où figurait Chavoix.
Celui-ci tenta une alliance avec les ouvriers et les paysans en agitant le spectre de la gabelle et prépara son élection comme député. Le 26 mars 1848, en accueillant le club des Travailleurs à la préfecture, il prononça des paroles qu’un de ses adversaires a transcrites de la façon suivante : « Travailleurs ! Il n’y a plus de prolétaires, il n’y a plus de pauvres. Une autre existence est promise à cette classe de la société, qui pendant quinze ans, a été condamnée à travailler en parias. On a comprimé vos idées, votre intelligence. On a voulu vous priver du bienfait de la pensée. Mais un jour est venu, jour fameux : vous avez secoué les chaînes qui vous abrutissaient. Ce que vous avez voulu, vous l’avez obtenu [...] Vous êtes grands et souverains, la force intelligente est en vous, peuple des travailleurs [...] Votre confiance fait votre force ! »
Au cours de la campagne électorale, la sincérité de ses convictions fut maintes fois mise en doute par ses adversaires qui lui reprochèrent d’avoir sollicité, de Louis-Philippe, un poste de médecin surveillant dans une station thermale. Il fut élu, le 26 avril 1848, par 34 343 suffrages (inscrits : 140 087 ; votants : 110 594). Il siégea à la Montagne et fit partie du comité de l’Intérieur. Il vota, le 26 août 1848, contre les poursuites visant Caussidière et Louis Blanc, le 1er septembre pour le rétablissement de la contrainte par corps, le 18 septembre pour l’abolition de la peine de mort, le 21 octobre contre l’abolition du remplacement. Il proposa que le droit au travail fût inscrit dans la Constitution. Comme il n’obtint pas satisfaction, il bouda la fête du 19 novembre où les maires de toutes les communes eurent à promulguer les 116 articles de la Constitution. Les paysans d’Excideuil acclamèrent, à son retour de Paris, le député qui avait demandé l’abolition de l’impôt sur le sel.
Au moment de l’élection présidentielle, il hésita longuement avant d’appuyer la candidature de Ledru-Rollin.
Le 27 décembre 1848, il vota pour l’abolition de l’impôt sur le sel ; le 12 janvier 1849, contre la proposition Rateau tendant à restreindre l’activité des clubs ; le 21 mars, contre l’interdiction des clubs ; le 16 avril, contre l’expédition de Rome ; le 2 mai, pour l’amnistie aux transportés de juin ; le 11 mai, pour la mise en accusation du président et des ministres ; le 18 mai, pour l’abolition de l’impôt sur les boissons.
Chavoix fut réélu à la Législative, premier sur dix, avec 62 184 voix sur 105 677 votants et 145.779 inscrits. Il siégea de nouveau à la Montagne et combattit vivement la politique de l’Élysée. Il vota contre les poursuites à l’égard des manifestants du 13 juin 1849, contre la loi du 31 mai 1850 « aménageant » le suffrage universel, contre la loi Falloux. Le 20 août 1850, il tua dans un duel au pistolet son collègue l’imprimeur-lithographe Auguste Dupont, député de la Dordogne.
Traduit devant les assises, il fut acquitté. C’est vraisemblablement à cette affaire que se rapporte, aux archives de la préfecture de police (fichier alphabétique), la mention d’une détention politique subie par lui en 1850.
Chavoix protesta contre le coup d’État et dut s’exiler en Espagne jusqu’à l’amnistie de 1859.
En 1877, après la dissolution de la Chambre, et en liaison avec le mouvement des 363, Chavoix devint député de la 2e circonscription de Périgueux. Il mourut doyen d’âge de la Chambre. ayant, avec les républicains du centre gauche, voté en 1879 pour l’invalidation d’Auguste Blanqui.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28621, notice CHAVOIX Jean-Baptiste , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 13 septembre 2017.

SOURCES : Arch. PPo, E a/76-15. — Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — G. Rocal, 1848 en Dordogne, Paris, 1933.

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