CHÉNIER Marie-Joseph

Né en 1764, mort en 1811. Frère cadet du poète André Chénier. Conventionnel, homme politique républicain à l’époque du Directoire, homme de lettres, Inspecteur général de l’Université napoléonienne.

Chénier nous intéresse ici comme auteur du Chant du départ. Voir Méhul Étienne*.
Une légende veut que le Chant du départ ait été joué pour la première fois lors de la bataille victorieuse de Fleurus (26 juin 1794). L’édition originale, qui ne portait pas le nom de Chénier, mais seulement celui de Méhul, semble antérieure, et la création en privé, pour laquelle on a parfois reculé la date jusqu’au cinquième anniversaire de la prise de la Bastille (14 juillet 1794 — 26 messidor an II), seconde exécution en public, doit avoir eu lieu dès le mois de mai.
La Convention fit en effet entendre le Chant du départ au concert public du 16 messidor an II (4 juillet 1794) au soir, destiné à commémorer les prises d’Ostende et de Tournai, après un premier concert qui avait commémoré Fleurus (11 messidor — 29 juin). Le 20 messidor (8 juillet), le Comité de Salut public décida de l’inscrire au programme du concert du 14 juillet, d’en faire imprimer 8 000 exemplaires par l’Imprimerie nationale, d’en payer les frais d’orchestration. On exécuta donc le Chant du départ au Jardin national, c’est-à-dire aux Tuileries, le 14 juillet 1794.
À son succès comme chant officiel dans la suite de la Révolution, s’ajouta un destin de chant révolutionnaire, souvent prohibé parce qu’il parlait de liberté et d’égalité ; et qui se poursuivit durant tout le XIXe siècle. La musique de Méhul se déforma à l’usage, et chaque fanfare y ajouta ou en retrancha ce qui convenait à ses commodités. Ce fut comme une érosion qui atteignit aussi le ça ira et la Marseillaise, pour les mêmes raisons.
Clandestin sous le pouvoir napoléonien, où cependant les orgues automatiques de Davrainville continuaient d’en débiter la mélodie, pourchassé sous la Restauration, où on l’édita quand même en 1817, à l’époque du plus grand libéralisme de Louis XVIII, le Chant du départ redevint un chant populaire, en 1830, en 1848 et en 1870.
Marie-Joseph Chénier était l’auteur de quantité d’autres chants patriotiques : Chant du Quatorze juillet, Ronde nationale, Hymne à la Raison, Hymne à la Liberté, Hymne à l’Être suprême, Hymne à Jean-Jacques Rousseau, Hymne du Neuf Thermidor, Hymne du Dix août, Hymne funèbre sur la mort du général Hoche, Chant du retour, Hymne à la République, Hymne à l’Égalité, etc..., dont la bourgeoisie républicaine voltairienne et libérale fit grand cas jusque vers 1830 et qui furent ensuite oubliés. Catel, Chérubini, Gossec, Méhul ou Pleyel en avaient composé les mélodies. Voir Boy A.-D., S.* Frère*, Ladré*, Rouget de l’Isle*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28641, notice CHÉNIER Marie-Joseph , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Constant Pierre, Les Hymnes et Chansons de la Révolution, Paris, 1904.

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