CHEVALIER Albert, puis CHEVALIER-GIBAUD Albert

Enfant naturel, né le 13 primaire de l’an 14 (4 décembre 1805) à Dole, mort le 20 octobre 1852 à Saint-Pierre en Martinique ; républicain démocrate du Jura.

Albert Chevalier-Gibaud
Albert Chevalier-Gibaud

De son vrai nom Albert Chevalier-Gibaud, depuis son adoption par sa tante par un arrêt de la cour royal de Besançon du 29 mai 1834.

Il était issu d’une famille de notable : son père Paul Balthazar Chevalier était bourgeois de la ville de Dole et magistrat. Son grand père, Claude Balthazar, lui-même magistrat avait été obligé de vendre sa charge de magistrat pour éponger ses dettes deux ans après avoir pris en charge les travaux du canal du Rhône au Rhin (pour la partie Jura).

Il était membre d’une petite société républicaine doloise « le cercle de l’union » de tendance jacobine, société qui se dispersera d’elle-même dès la promulgation de la loi contre les associations après les émeutes républicaines d’avril 1834. Ses membres ? « Une trentaine d’étourdis », selon Marquiset… « quelques hommes de loi pouvaient en faire partie, l’avoué Robert et l’avocat Albert Chevalier, animateurs de la Fédération générale des peuples de tendance internationaliste et ouvrière… »

Dans le Propagateur n°1 du 26 mars 1848 on lit : « Tandis que Louis Robert était l’organisateur réfléchi, Albert Chevalier était l’homme d’action. L’un était la tête, l’autre le bras et tous les deux se complétaient admirablement ».

Il recevra de Louis Philippe, alors qu’il n’avait que vingt-cinq ans, « la Médaille fondue pour la reconnaissance nationale en faveur de ceux qui se sont dévoués pour la cause de la liberté dans la révolution de Juillet 1830 ».

Républicain démocrate de Dole (Jura). Ce fut lui qui fit parvenir, dans l’après-midi du 14 avril 1834, aux révolutionnaires d’Arbois et à leur chef Regnault d’Épercy, la nouvelle que les troupes de Louis-Philippe triomphaient à Lyon et à Paris.

Il fut l’un des avocats républicains du célèbre procès fleuve des « accusés d’avril 1835 », à côté de Ledru-Rollin, Raspail, Barbès, Blanqui, Arago…

Membre de la « Fédération générale des Peuples » à la fin de la monarchie de Juillet, et du Comité républicain clandestin de Dole constitué dès 1841, il fut un des quatre hommes de confiance de Louis Robert à la « Commune révolutionnaire », du 25 au 28 février 1848. Voir Regnault d’Épercy Eugène*, Robert Louis, Félix.

Au moment de la révolution de 1848, Jules Grévy en personne descendit spécialement à Dole pour obtenir sa démission de la municipalité, car jugé comme « trop révolutionnaire ». On l’appelait « le rouge ».

Alors qu’il est substitut du procureur, il mourut emporté par la fièvre jaune le 20 octobre 1852 à Saint Pierre en Martinique, une terre d’exil comme il l’exprime dans l’un de ses poèmes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28667, notice CHEVALIER Albert, puis CHEVALIER-GIBAUD Albert, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2011.
Albert Chevalier-Gibaud
Albert Chevalier-Gibaud
Chevalier-Gibaud en 1841
Chevalier-Gibaud en 1841
Clichés de Martine Fabre

SOURCE : La Révolution de 1848 dans le Jura, Société d’émulation du Jura. Imprimerie M. Declume, 1948. — Renseignements communiqués par sa descendante Martine Fabre.

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