CHEVALIER Joseph, Philippe

Né à Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) vers 1805. Pharmacien démocrate socialiste d’Amiens sous la Seconde République et sous l’Empire. Il joua un rôle très important, que les archives judiciaires tendent peut-être néanmoins à amplifier.

Il habitait et avait sans doute son officine, 16, rue Delambre. Il confia au début de mai 1849, en vue des élections à l’Assemblée législative du 13, des imprimés à distribuer à Hotelin Jules et à Devillers Jean-Baptiste. Il donna à l’un et à l’autre des sommes d’argent.
Ces imprimés étaient les uns « relatifs aux élections, sans que plusieurs de ces écrits fussent signés de leurs auteurs, sans avoir fait connaître les noms, profession et domicile aux mairies des dites communes et sans avoir déposé des exemplaires aux mairies et aux parquets. » Parmi les autres, se trouvait une brochure : Réflexions d’un bon villageois de Picardie à ses concitoyens, dont l’auteur se disait « un pauvre travailleur, moitié bourgeois et moitié villageois. »
Ces imprimés furent distribués dans les cantons d’Albert, de Bray-sur-Somme, de Chaulnes, de Combles, de Corbie.
Dénoncé le 8 mai, Chevalier fut arrêté le 12, veille du scrutin, à 10 h. 30 du matin. Le 31, il était condamné par le tribunal de police correctionnelle de Péronne à 100 francs d’amende, peine suggérée par les articles 1 et 2 du décret du 21 avril 1849. Il fit appel.
Le 22 avril 1850, une perquisition, 16, rue Delambre, fournissait de nombreux écrits de propagande socialiste. Chevalier fut de nouveau arrêté, de nouveau condamné, cette fois à six mois de prison. Et, le 16 juin, il était transféré de la maison d’arrêt d’Amiens à Bicêtre.
Expulsé du territoire français par décision de la Commission mixte d’Amiens, il fut gracié par Napoléon III, regagna Amiens le 21 mars 1853, et demanda au préfet, qui la lui accorda, l’autorisation de se rendre à Paris, le 5 avril. Il fit dès lors à Paris de fréquents séjours.
Il avait changé de domicile à Amiens et peut-être n’y possédait-il plus d’officine, les vicissitudes de sa vie politique n’ayant certainement pas contribué à l’enrichir.
Le 26 juillet 1855, la police amiénoise recevait contre lui une dénonciation, selon laquelle il présidait des réunions secrètes républicaines et socialistes, rue de Beauvais, près d’un hôtel-restaurant. Les réunions avaient lieu « au fond de la maison où il existe une séparation qui permet aux dix ou douze membres de conspirer sans danger ». La surveillance policière et les perquisitions révèlent les noms de trois hommes avec qui Chevalier était alors en relations régulières : Leblanc, Thuillier et Venant, le troisième étant tenu pour particulièrement dangereux.
Au début de 1858, Chevalier, qui habitait alors, 46, Petite-Rue-de-Beauvais, se vit encore infliger six mois de prison, pour exercice illégal de la médecine. Voir Agathon Philibert*, Babache Alphonse*, Bâton Louis*, Bridoux C.*, Derby A.*, Delaby*, Devillers Jean-Baptiste*, Homards*, Hotelin Jules*, Leblanc.*, Lemoine Joseph*, Maculer D.*, Magniez J.*, Thuillier*, Venant*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28681, notice CHEVALIER Joseph, Philippe, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Dép. Somme, Dossiers M 80926 et 95608 ; Dossier U 424949, liasses 1 et 2.

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