CLÉDAT Jean, Jules

Né le 10 mars 1832 à Montignac (Dordogne), mort à Paris, le 8 février 1887. Félibre, auteur de nombreux poèmes en langue d’oc, démocrate socialiste, proscrit après le coup d’État de 1851.

Clédat fit ses études au petit séminaire de Brive (Corrèze), puis vint s’installer à Paris en 1844 et témoigna de l’intérêt pour Auguste Blanqui persécuté. Lors de l’élection présidentielle de 1848, il quitta Paris pour venir, en Dordogne, soutenir la candidature de Ledru-Rollin. Le 3 décembre 1848, il participa à un banquet de 500 électeurs qui se tint au marché au bois du faubourg Sainte-Ursule à Périgueux. Il y porta un toast puis interpréta une chanson, Moun Fusil, dont il avait écrit les paroles sur l’air de L’Écaillère. En voici le texte traduit du dialecte périgourdin en français :
« Pour te réparer, je vais trouver un bon armurier de l’endroit. Mon fusil, il faut défendre la Liberté qui a coûté si cher !
« Quand on démolit la Bastille, ce tombeau de la liberté, un citoyen de ma famille t’avait toujours à son côté ; tu verras bien encore la guerre, tu verras d’autres assauts, et tu péteras encore comme en quatre-vingt neuf !
« Quand vint quatre-vingt-douze, que partout sonna le tocsin, soldat coiffé d’un bonnet rouge, mon aïeul était au premier rang. Avec lui à la frontière, tu as battu l’ennemi. Tu y retourneras bien encore, tu en sais le chemin.
« Tu as suivi l’ancien Bonaparte qui, quand on n’avait plus le sou, allait faire payer la note aux rois qui de lui avaient si peur. Tu es une relique, toi qui as vu, vieux canon, le soleil en Afrique, la neige à Moscou !
« Tu dormais quand mil-huit-cent-trente te tira de ton long repos ; cette année j’ai appuyé sur ta détente en tirant sur les municipaux. Pour faire poser la chique à ceux qui oseraient attaquer la République, tu es bien là pour un coup ! »
Voir Laporte*, Lasservole*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28813, notice CLÉDAT Jean, Jules, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 25 novembre 2018.

SOURCE : G. Rocal, 1848 en Dordogne, Paris, s. d. [1933]

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