COCHIN Pierre, Suzanne, Augustin

Né à Paris le 12 décembre 1823, mort à Versailles le 15 mars 1872. Homme d’affaires, administrateur de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, adjoint (1850) puis maire (1853) du Xe arrondissement de Paris, membre de sociétés charitables, observateur de la vie ouvrière. Il s’intéressa de près au mouvement coopératif.

En 1862, Cochin fit paraître une brochure : De la condition des ouvriers français, dans laquelle il analysait et commentait la statistique de l’industrie à Paris, d’après l’enquête menée en 1860, par la Chambre de commerce. Il y constatait que l’ouvrier n’avait pas de contacts directs avec le patron qui devenait un personnage de plus en plus inaccessible : « Le maître est un être inventé par la loi, il n’a pas de visage, on ne le voit jamais » (p. 37). Il fut un des rares, avec Audiganne, à poser le problème de l’organisation de loisirs pour le dimanche de l’ouvrier.
En 1863, Cochin Augustin qui appartenait à ce groupe puissant et riche d’hommes d’affaires catholiques et orléanistes intéressés par les problèmes sociaux, donna son adhésion à la « Société du Crédit au Travail » de J.-P. Béluze. En 1864, il était de ceux qui, groupés autour de Casimir Périer, se proposaient de favoriser l’expansion des associations ouvrières basées sur la mutualité et la solidarité. Les 18 et 25 juin 1864, toujours à propos de l’enquête de 1860, il lut, à l’Académie des Sciences morales et politiques, dont il était membre, un mémoire intitulé : « Paris, sa population, son industrie. » Il s’y montrait préoccupé de la solitude morale qui accablait les ouvriers : « Quand je cherche les lieux, disait-il, les seuls lieux où peuvent se donner rendez-vous les ouvriers, rendez-vous de corps ou d’esprit, je nomme le cabaret et le journal ; le cabaret, devenu café-concert, salle brillante, avec mille bougies et vingt billards, attrait bien puissant sur un homme qui va retrouver, à la fin d’une journée de travail, des enfants qui crient et une femme qui se plaint, entre les murs de sa mansarde ; le journal, qui ouvre brusquement une fenêtre sur deux mondes, le monde habité et le monde imaginaire, à un homme qui a pendant douze heures porté ses yeux et ses mains sur un bâton de chaise ou sur un morceau de cuir » (p. 66).
En 1865, il signait, avec le duc d’Audiffret-Pasquier, Ferdinand Barrot, le prince Albert de Broglie, le comte d’Haussonville, Casimir Perier, Léon Say, Jules Simon, une brochure : Des sociétés de coopération et de leur constitution légale, qui résumait un travail fait en commun par ces hommes politiques et ces économistes conservateurs et qui concluait en faveur de l’application du droit à ces sociétés, sans autorisation des pouvoirs publics. Vers 1867, il fonda une société coopérative pour le personnel de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28868, notice COCHIN Pierre, Suzanne, Augustin , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES intéressant la classe ouvrière : De la Condition des ouvriers français d’après les derniers travaux, Paris, 1862, in-8°, 48 pages. — Paris, sa population, son industrie. Mémoire lu à l’Académie des Sciences morales et politiques, les 18 et 25 juin 1864, Paris, 1864, in-8° (Bibl. Nat., Lk 7/11.253.

SOURCE : Jean Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, t. I.

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