COEURDEROY Charles

Né en 1797 à Moutiers-Saint-Jean (Côte-d’Or), mort en 1866 à Tonnerre (Yonne) ; docteur en médecine ; militant démocrate-socialiste.

Charles Cœurderoy descendait de la branche « marchande » d’une famille noble. Le 7 juin 1821, il fut reçu docteur en médecine à Paris. Il exerça son métier, d’abord à Avallon, puis à Tonnerre où il devint chirurgien en chef de l’hospice.

Du 1er mars 1848 au 22 juin de la même année, il fut sous-commissaire du Gouvernement provisoire à Tonnerre. Candidat aux élections à la Constituante du 23 avril, il se présenta comme républicain de la nuance de La Réforme. Dans sa profession de foi, il réclamait « l’organisation progressive du travail industriel et agricole... la liberté absolue d’association ». Il ne recueillit que 5 360 voix, alors que Marie de Saint-Georges, membre du Gouvernement provisoire et premier élu, en avait 85 947.

Cœurderoy poursuivit son activité dans les milieux républicains avancés de Tonnerre, ceux-là mêmes que les autorités qualifiaient de « socialistes ». En 1849, il était président de la section locale de la Solidarité républicaine. Sa femme qui se trouvait auprès de leur fils à Lausanne, dut le rejoindre vers la fin de l’année parce qu’il était, selon Ernest lui-même, « malade et affaibli par les fatigues physiques et morales qu’il a éprouvées lors du choléra et des affaires du 13 juin ». Il put cependant venir voir son fils en juin 1850, alors qu’il était président du « Club de l’Union », que le sous-préfet prétendait « socialiste ». Il fut impliqué dans plusieurs procès de presse, à propos d’articles publiés dans le journal L’Union républicaine. Le 3 novembre 1851, sur réquisition de Haussmann, alors préfet de l’Yonne, il fut emprisonné pour un mois. Comme il était encore incarcéré au moment du coup d’État, on ne put déférer son cas à la Commission mixte. Il fut néanmoins interné à Montpellier, puis placé sous surveillance à Tonnerre, le 23 avril 1852.

Sous l’Empire, il fut encore question de lui à propos de la propagande socialiste dans la région de Tonnerre. Voir Auguste Dugaillon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28876, notice COEURDEROY Charles, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 19 juin 2017.

SOURCES : Arch. Dép. Yonne, III M 1/132-133-134-156-267. — Collection de l’Union Républicaine (très nombreuses mentions) — Collection Lorin, vol. IV, p. 61 (Bibl. Mun. Auxerre). — Annuaire de l’Yonne, 1896, vol. LX, pp. 140-192. — M. Vuilleumier, « Trois lettres inédites d’Ernest Cœurderoy », International Review of Social History, vol. XI (1966), Part 2. 274. — Voir aussi l’introduction aux œuvres de son fils Ernest Cœurderoy, Paris, 1910-1911.

ICONOGRAPHIE : Portrait au musée d’Auxerre.

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