COLLET Mathurin, COLLOT Mathurin, dit

Par Notice revue et complétée par J. Risacher

Né vers 1794 à Nantes (Loire-Inférieure). Relieur. Républicain, membre de sociétés républicaines ou secrètes, puis communiste. Quarante-huitard.

Il était le fils de Mathurin Collot et on ne sait pourquoi il a transformé son nom en Collet. Demeurant 15, rue Saint-Jean-de-Beauvais (XIIe arr., maintenant rue Jean-de-Beauvais, Ve), en plein faubourg Saint-Marceau, Mathurin Collet fut écroué à La Force pour association illicite le 30 juin 1836, et libéré le 7 juillet sur ordre de la 4e chambre. Il s’agissait sans doute de la Société des Familles puisqu’il était avec d’autres membres de cette société. Collet, sans prénom ni profession, fut inculpé au procès des poudres, prévenu d’association illicite puisqu’il figurait dans les listes saisies sur Lamieussens*, et condamné à 2 mois et 200 F d’amende le 10 août 1836. Ayant fait appel, toujours sans prénom mais qualifié d’artiste peintre, il fut acquitté le 23 octobre. Collet fut l’un des éditeurs et rédacteurs avec Fombertaux* du Moniteur Républicain et de L’Homme libre en 1837 et 1838. (Voir Boudin*. En 1840, Collet était connu comme un des plus vieux communistes du Faubourg Saint-Marceau (V. Bouton), il avait pris une part active à la campagne en faveur de la réforme électorale. Il était alors proche de Guinard. Communiste matérialiste en 1841, il était opposé à Gabriel Charavay* et à la publication de L’Humanitaire. (Voir Meyer*), et au mois d’août, Mathurin Collet, avec Le Goff* et de nouveau Fombertaux* créa Le Communautaire. En 1848, Collet est encore l’un des communistes les plus influents du Faubourg Saint-Marceau. En tant que capitaine, le 24 février 1848, il participa avec sa compagnie à l’envahissement de l’Hôtel-de-Ville, venant à l’aide de Landolphe* pour empêcher que la République naissante ne soit confisquée par des politiciens aussi peu républicains que scrupuleux.
Le soir du 25 février il assistait à la première réunion donnée à Blanqui au Prado et fut membre de la Société républicaine centrale fondée par Auguste Blanqui. Il semble avoir été lié à Lacambre Voir Feuillâtre Claude*
D’après V. Bouton, Collet se serait ensuite rapproché de Barbès. Il était toujours l’une des têtes de file de la fraction républicaine avancée de son quartier, capitaine chef de bataillon de la Garde nationale dans la XIIe Légion, il prit part à l’insurrection de Juin et se battit sur la barricade construite à l’entrée de la rue des Noyers (XIIe, maintenant Boulevard Saint-Germain, Ve). Arrêté en uniforme à proximité du Panthéon, Collet fut condamné à 20 ans de détention et emprisonné à Doullens. Il était marié et père de famille.
D’Allemagne signale qu’un certain Collet, capitaine, recevait Le Globe à Lille, mais il est peu plausible que ce soit Mathurin Collet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28929, notice COLLET Mathurin, COLLOT Mathurin, dit par Notice revue et complétée par J. Risacher, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par J. Risacher

SOURCES : La plupart des sources donnent Collet sans prénom, mais divers indices, notamment le quartier, permettent d’identifier une même personne. — Arch. Nat., BB 181/398 ; CC 791. — Arch. Dép. Paris (Seine) série D Y registres d’écrou D Y 4/33-2720. — Victor Bouton, Profils révolutionnaires par un crayon rouge, Paris, V. Bouton, 1848-1849. — A. Lucas, Les Clubs et les clubistes, Paris, Dentu, 1851. — Almanach du Nouveau Monde pour 1850 (témoignage de Landolphe) — Henry-René d’Allemagne, Les Saint-Simoniens 1827-1837, Paris, Gründ, 1930, in-4°, p. 151. — M. Dommanget, Auguste Blanqui. Des origines à la Révolution de 1848. Premiers combats et premières prisons, Paris, Mouton, 1969. — M. Dommanget, Auguste Blanqui et la révolution de 1848, Paris, Mouton, 1972. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989. — Notes de M. Cordillot, J. Grandjonc, Ph. Régnier.

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