COMBES Edmond [COMBES Jean, Alexandre, Edmond].

Par Philippe Régnier

Né le 18 juin 1812 à Castelnaudary (Aude), mort le 22 avril 1848 à Damas (Syrie). Explorateur, diplomate. Saint-simonien.

Fils d’un avocat de Castelnaudary, Edmond Combes, ses études achevées à l’École de Droit de Toulouse, fut en contact avec le milieu saint-simonien du groupe de Sorèze animé par les frères audois Toussaint et Jacques Rességuier*, avec également les frères Anacharsis Combes* et Louis Combes*, avec lesquels il n’a aucune parenté, contrairement à ce qu’il est dit parfois. Mais loin de leur prudence, il s’enthousiasma pour l’apostolat des « Compagnons de la femme », et s’embarqua, dans le groupe des « artistes », pour l’Égypte à la recherche de la Mère qui devait, avec le père Enfantin, fonder le couple sacerdotal de la religion nouvelle.
Son ami, Maurice Tamisier, ancien officier de marine, l’accompagnait lorsqu’il débarqua au Caire le 7 août 1833. Ils remontèrent le Nil jusqu’à Khartoum, visitèrent les rives de la mer Rouge et firent des repérages pour le futur canal de Suez, grande idée saint-simonienne. Ils rentrèrent en France pour organiser une deuxième expédition qui devait, de 1835 à 1837, les conduire jusqu’au cœur de l’Abyssinie. Le compte rendu qu’il en fit devant la Société de géographie lui valut un grand succès et des récompenses officielles. Il éditera en 1838 leur récit de voyage suivi, en 1846, du deuxième volume d’un Voyage en Égypte, en Nubie, qui semble, malgré son intérêt ethnographique, tout à fait méconnu.
Par la suite, Edmond Combes fit une carrière diplomatique en Méditerranée. Malgré l’inutilité de sa mission officielle en Égypte en 1841, il fut nommé agent consulaire en Turquie en 1843, puis vice-consul à Rabat en 1846. Sous la Seconde République, Lamartine l’envoya représenter la France à Damas, où sévissait le choléra dont mourut sa fille. Sa litière de pestiféré fut attaquée par la foule, mais, bien que sauvé du lynchage, il mourut dans la maison consulaire, de la peste ou du choléra, suivant les sources.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28975, notice COMBES Edmond [COMBES Jean, Alexandre, Edmond]. par Philippe Régnier, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 28 mai 2011.

Par Philippe Régnier

ŒUVRE : avec Maurice Tamisier, Voyage en Abyssinie, dans le pays de Gallo, de Choa et d’Isfat, précédé d’une excursion dans l’Arabie heureuse, 1835-1837, Paris, Desessart, 1838, cinq volumes et un atlas.

SOURCES : Marie-Louise Puech Milhau, Un centenaire : voyageurs audois en Abyssinie, Carcassonne, 1869. — J. Balteau, M. Barroux, M. Prévost, R. d’Aman, T. de Morembert, Dictionnaire de Biographie française, Paris, Letouzey, 1933 sq., T. IX (F Marouis). — Marie-Louise Puech-Millau, Un centenaire : Voyageurs audois en Abyssinie, Carcassone, 1943. — Pierre Chabbert, « Notes sur quelques saint-simoniens tarnais », Bulletin de la Société des Sciences, Arts et Belles-lettres du Tarn, n° XXVIII, 1970. —. Marcel Émerit « Diplomates et explorateurs saint-simoniens », Revue d’Histoire moderne et contemporaine, t. 22, 1975. — Bulletin de la Société d’Études sicentifiques de l’Aude, XLVI (ML Puech-Milhau). — Daniel Fabre, « Edmond Combes » Les Audois, Dictionnaire biographique, sous la direction de Rémy Cazals et Daniel Fabre, Carcassonne, 1990. — Paul Tirand, Émile Combes, L’Abyssinien 1812-1848. La passion de l’Orient, L’Harmattan, 2010.

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