COQUART Jean

Par Gauthier Langlois

Né le 6 août 1801 à Clamecy (Nièvre), mort le 9 mai 1868 à Clamecy ; marié avec 4 enfants ; bourrelier à Clamecy, insurgé en décembre 1851.

Jean Coquart ou Coquard est né le 18 thermidor an IX de Jean Coquart, patachier -c’est à dire conducteur ou exploitant d’une diligence- et de Marie Moreau. Il avait épousé successivement à Clamecy, Marie Corré, le 12 mars 1823, puis, devenu veuf, Anne Germaine Boutron d’Amazy, fille d’un perruquier, le 26 juillet 1824. Le couple avait eu quatre enfants dont Jean Édouard, né le 14 juin 1825 à Clamecy, imprimeur typographe à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or) puis Clamecy. C’est ce Jean-Édouard que Bernard de Gauléjac considère à tort comme le poursuivi de décembre 1851.

Insurgé en décembre 1851, Jean Coquart fut considéré, avec Séroude, comme un des chefs de l’insurrection. Cependant il fut un temps laissé en liberté car le 10 février 1852 il était présent au mariage de son fils Jean-Édouard à Clamecy.

Il fut condamné par la commission mixte de la Nièvre à la transportation en Algérie (« Algérie moins »). La décision était motivée par le commentaire suivant : « Dès le vendredi soir il prenait une part active à l’insurrection. Il était en compagnie de Caurier et de Meunier, deux scélérats fieffés. Il a bousculé, brutalement, un habitant pour le forcer à lui livrer ses armes. C’est un affilié aux sociétés secrètes. Démagogue forcené. »

Il s’évada ou s’enfuit en 1852, se réfugia en Angleterre puis s’installa à Jersey. Le 21 octobre 1853 il était présent à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant dans l’île, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III. En 1854 il sollicita du Gouvernement britannique un passage gratuit pour l’Amérique mais ne l’obtint pas.

Il avait bénéficié, le 4 avril 1852, d’une grâce accordée par les commissaires extraordinaires du gouvernement, commuant sa peine en surveillance puis, le 12 août 1854, d’une grâce définitive accordée par l’Empereur. Il revint sans doute en France peu après et retourna dans son village natal où, au moment de sa mort, il exerçait le métier de limonadier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29048, notice COQUART Jean par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 22 novembre 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. Dép. Nièvre, État civil et série M, Acte de mariage de 1824, Acte de mariage du fils Jean-Édouard, Acte de décès. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Bernard de Gauléjac, « Clamecy et le coup d’État de 1851 », Bulletin hors série de la Société scientifique et artistique de Clamecy, 1951. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Coquard - Jean », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Robert Sinsoilliez, Marie-Louise Sinsoilliez, Victor Hugo et les proscrits de Jersey, Ancre de marine, 2008. — Note de Bernard de Gauléjac.

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