CORNU Eugène, Auguste

Né le 27 avril (ou le 15 novembre) 1812 à Fontaine-Saint-Martin, canton de Neuville (Rhône), mort à Lyon, le 14 mars 1864. Chef d’atelier de la soierie lyonnaise. Militant des sociétés secrètes.

En 1848, alors qu’il demeurait, 40, rue Madame, à la Guillotière, il fut nommé membre de la commission municipale provisoire de cette commune (3 mars). Quelques semaines plus tard, il fut élu conseiller municipal et devint maire. Il jouissait d’un grand prestige parmi les ouvriers car, sous la monarchie de Juillet, il avait été un des chefs de la société des Mutuellistes. À la fin de l’année 1848, il participa à la fondation d’une association ouvrière de production : la Fabrique d’étoffes de soies unies, où il représentait les ouvriers en velours. À ce moment-là, il était signalé comme membre des « Droits de l’homme ». Voir Gerry Camille* Il appartenait aussi à la loge socialiste des « Amis des Hommes » de Caluire où il rencontrait Durand, Murat Blaise*, Naudé*, Rey*, etc...
Un rapport du procureur général de Lyon signalait qu’il se trouvait, en 1849, à la tête de la Société des Travailleurs Unis. Selon J. Gaumont (ouvr. cité), il n’en aurait rien été, et le procureur général aurait été victime de confusions commises dans les rapports de police. Le 25 mars 1849, il fut révoqué de ses fonctions de maire de la Guillotière. Il participa à l’insurrection lyonnaise de juin 1849, probablement dirigeait-il alors la société secrète la Nouvelle Montagne. Il dut se réfugier en Suisse, d’où il revint en novembre 1849. Dès son retour, il provoqua un regroupement des anciens chefs d’atelier des « Mutuellistes ». En septembre 1850, il fut réélu conseiller municipal « rouge » de la Guillotière en compagnie de Coignet. Le 11 mai 1851, il retrouva son écharpe de maire. Il joua alors un rôle important dans la société secrète des « Invisibles ». Il y a divergence dans les sources sur ce qu’il advint de lui après le coup d’État. J. Gaumont affirme (ouvr. cité. t. I, p. 433) qu’il fut emprisonné à Perrache et condamné à deux ans de prison et 100 francs d’amende et (ouvr. cité, t. I, p. 372), qu’il fut condamné, par contumace, à la transportation en Algérie. Selon d’autres sources (Victimes du Deux Décembre), il aurait échappé in extremis à une arrestation et se serait réfugié à Turin, puis en Espagne. Il se serait fixé à Barcelone et aurait participé au mouvement républicain espagnol. La même source fait état d’une condamnation par contumace à la transportation en Algérie prononcée le 2 mars 1852, ce qui rejoint la seconde information donnée par Gaumont.
Gracié en 1855, il rentra en France, se fixa d’abord à Valence, puis à Lyon où il devint fabricant de produits chimiques.
Il reprit alors contact avec les milieux républicains. Il fut déporté en Algérie, en vertu de la loi de sûreté générale de 1858. Il en revint, en 1859, à la faveur de l’amnistie. En 1863, il présidait la loge des Brotteaux.
Voir André Jean-Baptiste, Honoré*, Barbécot Jean-Baptiste*, Berger*, Brunet*, Chardonnet Jean-Claude*, Démard Louis*, Gent Alphonse*, Gerry Camille*, Léculier Pierre* Martin Félix*

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29094, notice CORNU Eugène, Auguste , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Nat., BB 18/1473 (doss. 6930a) et Arch. Dép. Rhône, série M., Victimes du Deux Décembre, rapport du commissaire spécial Bergerat au ministre de l’Intérieur, 15 novembre 1854. — J. Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, t. I.

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