COURNET Frédéric, Constant

Né le 21 février 1808 à Lorient, tué en duel en 1852 à Londres. Représentant de Saône-et-Loire en 1850-1851. Montagnard. Un des artisans de la résistance armée au coup d’État du 2 décembre 1851.

Frédéric Cournet était passé par l’École navale. Noté comme officier républicain, il avançait lentement en grade, et n’était que lieutenant de vaisseau sans perspective d’accéder aux grades supérieurs quand il donna sa démission en 1846.
Frédéric Cournet participa sur les barricades aux journées de Février et aux journées de juin 1848. Il fut élu au début de 1850, à une élection complémentaire, représentant de Saône-et-Loire à la Législative. Cette même année, il parvint à faire évader de la prison des Madelonnettes un condamné des journées de Juin, Pottier*.
« Constamment sur la brèche pour assurer le triomphe de la doctrine », à partir de 1848, il était président du Comité démocratique socialiste de Paris en 1850. Condamné à dix jours de prison en 1849 pour rébellion, à un an en 1850 pour avoir favorisé l’évasion de Pottier* et en 1851, trois fois par défaut, à un mois, il se signala, en août, par la visite qu’il fit à Londres en compagnie de Lieury* et de Kelsch*, à Ledru-Rollin* et à Caussidière*. Il en ramena un plan en cas d’insurrection que sa femme aurait déjà brûlé quand on vint pour l’arrêter chez lui à son retour, rue de Babylone.
C’est à son domicile que se tint, le 2 décembre 1851, la première réunion pour organiser la résistance : s’y trouvaient Carnot* et Paul Deflotte*, Victor Hugo* et Jules Favre*, Michel de Bourges*, Schoelcher* et Madier de Montjau* ; on y décida le recours aux armes pour le lendemain. Cournet fut exact au rendez-vous au faubourg Saint-Antoine, avant neuf heures du matin, et ce fut autour de lui que se groupèrent naturellement — il était vraisemblablement le seul des députés présents à posséder des connaissances militaires — les cent ou deux cents ouvriers prêts à construire des barricades et à les défendre comme en juin 1848.
Cournet avait d’abord lancé un appel à la délivrance des députés emprisonnés que l’on emmenait à Vincennes, et qui découragèrent les hommes du peuple de le faire, par crainte de se mettre dans un mauvais cas. Cournet lut ensuite la proclamation rédigée par Victor Hugo la veille et un ouvrier lithographe s’offrit à l’imprimer aussitôt. Il participa au désarmement des postes de garde et à l’armement des barricadiers. Il commanda, dominant tout le monde de sa haute taille, la barricade de la rue Sainte-Marguerite où se trouvait Baudin.
Baudin tué, il rentra dans l’intérieur de Paris, fut interpellé par un policier qu’un mouchard — ancien membre de comité républicain socialiste — avait renseigné sur son identité. Il se laissa mettre en fiacre, étrangla le policier dans le fiacre, qu’il abandonna bientôt en payant le cocher et en lui donnant un itinéraire à suivre. Sans perdre de temps, il gagna la Belgique puis Londres. Dans cette ville, en 1852, Cournet tint des propos sans preuve sur la vertu et sur l’intégrité révolutionnaire d’une ancienne compagne parisienne de Barthélemy, mécanicien partisan de Louis Blanc, alors que lui-même soutenait Ledru-Rollin. Un duel s’ensuivit où Cournet fut tué.
Frédéric Cournet était le père de Cournet Frédéric, Étienne*, né à Paris, le 25 décembre 1839, mort à Paris le 23 mai 1885, journaliste, blanquiste et membre de la Commune. (Voir ce nom.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29201, notice COURNET Frédéric, Constant , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 21 juillet 2020.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, B/1545 — Gustave Lefrançais, Souvenirs d’un Révolutionnaire. — Le Nouvelliste du Morbihan, 14 mars 1926. — I. Tchernoff, Le Parti républicain au coup d’État et sous le Second Empire. — Il devrait y avoir une notice au Dictionnaire des Parlementaires français de Robert, Bourloton et Cougny : elle manque. Par contre la notice de la Grande Encyclopédie est bien informée.

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