CROUVISIER Augustin

Né le 8 novembre 1810. à Épinal (Vosges) ; membre de la charbonnerie dans cette ville ; ami de Mathieu d’Épinal.

Il était le fils d’un boulanger et, en 1832, épousa une demoiselle de Lasalle, de petite noblesse, appartenant à une famille qui, avant la Révolution, avait donné des affiliés à la Loge de la Parfaite Union. Il semble avoir exercé les professions les plus diverses : employé à la recette générale (1832), marchand de bois (1834), employé (1835), fabricant d’impressions à Épinal (1840), mécanicien, ouvrier mécanicien, mécanicien-bijoutier (1848). En 1834, il appartenait à la vente d’Épinal de la Charbonnerie démocratique universelle. En avril de cette même année, il visita Nancy, Metz, Neufchâteau, Langres, Dijon, Lyon où il arriva trop tard pour faire le coup de feu. Il retourna à Dijon où il fut arrêté. Une perquisition chez Mathieu d’Épinal permit de découvrir une lettre que Crouvisier lui avait adressée de Nancy et dans laquelle il lui disait son espoir d’arriver à Lyon avant le déclenchement de l’insurrection et lui demandait un diplôme C... (à cette époque, les diplômes de charbonniers étaient délivrés seulement à ceux qui partaient en voyage, ils devaient être détruits à l’arrivée). Il fut transféré à Épinal dans la nuit du 2 au 3 mai 1834 et mis au secret. Il figura parmi les inculpés du Procès d’avril en 1835.
Le 3 juillet 1840, il fut condamné, à Épinal, à 15 jours de prison pour injure et rébellion envers le commissaire de police.
En 1849, il signa l’adresse des Travailleurs spinaliens à leurs frères des campagnes, lancée par la « Solidarité populaire électorale et centrale » qui avait son siège, 34, quai des Bons-Enfants, à Épinal. Il était rangé parmi les principaux « démagogues » d’Épinal et comme un ami de Mathieu. Il fut arrêté en même temps que lui au moment du coup d’État et condamné à la transportation en Algérie. Il était alors veuf et père de trois enfants. Voir Deland*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29310, notice CROUVISIER Augustin, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Dép. Vosges, 10 M 3. — Annuaire des Vosges, 1888, pp. 59-61. — Cour des Pairs, affaire d’avril 1834. Rapport Girod de l’Ain, t. III, p. 343.

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