DAGOT Urbain, Marie

Par Alain Dalançon

Né le 18 décembre 1827 à Montreuil-Bellay (Deux-Sèvres) ; propriétaire ; militant socialiste républicain affilié à La Marianne.

Fils d’Urbain Dagot (1797-1868), tonnelier à sa naissance, et de Marie Olivier, Urbain Dagot était au milieu du siècle, propriétaire comme son père, marié et père d’un enfant.

Il était un républicain notoire, adversaire de l’Empire à Montreuil-Bellay. Considéré d’« opinions ardentes et socialistes », il serait allé avec des compagnons à Morton, commune voisine de la Vienne, le 5 décembre 1851, pour entraîner à Montreuil les hommes de leur opinion, et il fut mis sous surveillance (Tableau dressé par la commission constituée pour le département de Maine-et-Loire en vertu des instructions du gouvernement du 2 février 1852).

Quelques années après, il fut inculpé d’appartenance à la société secrète républicaine La Marianne fondée en 1850 à Angers (Maine-et-Loire), et d’avoir été un des instigateurs de la révolte projetée à Montreuil-Bellay, en lien avec celle organisée depuis Trélazé pour s’emparer d’Angers dans la nuit du 26-27 août 1855 (voir Attibert François). À son procès au tribunal correctionnel de Saumur, fin décembre 1855, tout en reconnaissant avoir déjà été condamné pour offense à la personne de l’empereur, il nia toute affiliation à une société secrète. Il fut néanmoins condamné à trois mois de prison et 50 f. d’amende, tandis que Victor-Emile Huard était condamné à 13 mois d’emprisonnement.

Vers mai 1856, Urbain Dagot était à Paris. Il revint dans le canton de Montreuil-Bellay, avant de participer à l’émeute de Brion (Deux-Sèvres), le 22 juillet 1856. Ce mouvement, peu connu, montre que les « rouges » étaient encore actifs en Maine-et-Loire et dans le nord des Deux-Sèvres en 1855-1856.

Urbain Dagot en fut un des instigateurs avec un certain Lambert qui assurait la correspondance entre les « Marianne » de Montreuil, du Puy-Notre-Dame et de Saumur. Selon le sous-préfet de Saumur, cette affaire de Brion, qualifiée d’« immense complot », avait eu des ramifications dans tout le sud-ouest du département mais aussi dans le nord des Deux Sèvres, et tendait à la destruction de récoltes depuis Poitiers jusqu’à Thouars ; pour le premier avocat général de la cour d’Angers, les insurgés auraient eu pour seul objectif de « piller et d’assassiner les aristos, notamment les nobles et le prêtres ».
L’insurrection éclata sur la commune de Brion le 22 juillet 1856 au matin : les gendarmes de Montreuil et de Thouars furent désarmés par une centaine d’individus, « les chemins sont coupés et défense est faite par les insurgés de passer sous peine de mort ». Vers 15 heures, une douzaine de gendarmes vinrent en renfort à Brion, tandis que les rebelles appelaient les habitants à la révolte, en faisant sonner le tocsin et en menaçant de mort ceux qui ne voulaient pas les suivre ; mais personne ne répondit à l’appel aux armes et les insurgés furent rapidement dispersés par un escadron de l’École de cavalerie de Saumur.
En fin de compte, 75 individus furent arrêtés dont trois affiliés à la Marianne originaires de Montreuil-Bellay : Urbain Dagot, Frédéric Robin, entrepreneur, et Pierre Robert-Latreille, bourrelier.

L’affaire fut aussitôt transmise au tribunal correctionnel de Bressuire qui condamna le 13 septembre 1856, Robin à deux ans d’emprisonnement, Dagot à 15 mois ; tous les autres étant condamnés d’un an à quelques mois ou un mois de prison.

Mais le 20 septembre 1856, Dagot fut acquitté par le tribunal correctionnel de Saumur.

Voir Arnault Philippe-Auguste pour la liste des « Marianneux » condamnés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29368, notice DAGOT Urbain, Marie par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 9 février 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), dossier n° 7970/22 (Arch. Nat., F/7/*/2590, BB/30/399) ; Arch. Nat. BB 30/417, p. 1411. — Arch. Dép. Deux-Sèvres, Registre des jugements du tribunal de Bressuire, année 1856. — Arch. Dép. Maine-et-Loire, état civil Montreuil-Bellay. — L’Echo saumurois, 25 décembre 1855. — Christophe Aubert, Le temps des conspirations : la répression politique en Maine et-Loire entre 1814 et 1870, Cheminements, 2006, p. 113.

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