DARIMON Alfred, Louis

Né le le 17 décembre 1819 à Lille (Nord), mort à Paris en 1902, ; journaliste ; secrétaire et ami de Proudhon. Un des Cinq de l’opposition parlementaire (1857-1863). Il collabora à la formation du Tiers-Parti (1863-1869).

Alfred Darimon fit des études au collège de Lille. Il commença par écrire des articles d’archéologie dans la Revue du Nord. Venu à Paris, secrétaire de Proudhon en 1848, il collabora au Peuple, devint rédacteur en chef de La Voix du Peuple, puis au Peuple de 1850, enfin en 1852 à La Presse, où il traita les questions économiques selon les directives d’Émile de Girardin.
Personnage de second plan, Darimon n’était qu’une réplique de ceux qui l’employaient. Un séjour en prison à Sainte-Pélagie, en 1853, le mit en vedette, et, en 1857, il fut candidat dans la 7e circonscription de la Seine. Bastide, le ministre des Affaires étrangères de mai à décembre 1848, était également candidat de l’opposition. Darimon devança Bastide* et au second tour battit le député sortant qui avait bénéficié des avantages de la candidature officielle, avec 12 078 voix sur 23 523 votants et 36 246 inscrits.
Au Corps législatif, Darimon trouva un autre patron, Émile Ollivier, qui le chargea de prendre la parole sur les questions économiques, sur les problèmes touchant les chambres syndicales ou la coopération.
Darimon fut réélu le 1er juin 1863 avec 18 195 voix sur 28 166 votants et 36 442 inscrits (contre 8 606 voix à Léon Say l’économiste libéral et 533 au fouriériste Cantagrel). À ce moment, Darimon fréquentait déjà le Palais-Royal, où il était reçu par le prince Jérôme-Napoléon, cousin de Napoléon III, plus connu sous son surnom de Plonplon. Il collaborait aussi avec des républicains formalistes et des orléanistes de bonne compagnie au Courrier du Dimanche.
Secrétaire du Corps législatif de 1865 à 1867, Darimon fut de ceux qui abandonnèrent petit à petit le républicanisme pour glisser vers une entente avec l’Empire, que l’on nomma le Tiers-Parti. Quand, en raison de ses fonctions au bureau du Corps législatif, il se rendit aux lundis de l’impératrice en culottes courtes, ce nouveau courtisan amusa beaucoup les petits journaux de l’opposition républicaine.
Jusqu’en 1869, il ne cessa pas d’être l’objet des sarcasmes des républicains et de certains proudhoniens. Aussi ne se représenta-t-il pas aux élections cette année-là. Il se fit nommer consul à Rotterdam. Encore, des circonstances personnelles retardèrent-elles sa prise de fonctions, si bien qu’à la chute de l’Empire, il n’avait pas quitté Paris. La fin du régime le fit rentrer dans la vie privée. Il employa les trente dernières années de sa vie, comme Émile Ollivier*, à justifier sa conduite politique, en des volumes qui ont de l’intérêt, même après la lecture de ceux d’Émile Ollivier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29439, notice DARIMON Alfred, Louis , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 16 janvier 2018.

ŒUVRES : Exposition méthodique des principes de l’organisation sociale. Théorie de Krause. Précédée d’un examen historique et critique du socialisme, Paris, Franck, 1848, in-12, LXVIII, 216 pp. — Préface aux Idées révolutionnaires de Proudhon, Paris, 1849, in-18. — De la Réforme des Banques, Introduction par Émile de Girardin, Paris, Guillaumin, 1856, in-8°, XIX + 211 pp. — Les Cinq députés de l’Opposition : MM. A. Darimon, Jules Favre, E. Ollivier, E. Picard, Hénon, à leurs électeurs de Paris et de Lyon, Paris, 1863, in-8°, 16 pp. — Histoire de douze ans (1857-1869). Notes et Souvenirs, Paris, E. Dentu, 1883, in-18, VIII + 422 pp. — À travers une Révolution (1847-1855), Paris, E. Dentu, 1884, in-18, VIII + 351 pp. — Histoire d’un parti. Les Cinq sous l’Empire (1857-1860), Paris, E. Dentu, 1885, in-18, 430 pp. — La maladie de l’Empereur, avec des pièces et des documents nouveaux, Paris, E. Dentu, 1886, in-18, V + 126 pp. — L’Opposition libérale sous l’Empire (1861-1863), Paris, E. Dentu, 1886, in-18, 417 pp. — Histoire d’un parti. Le Tiers-Parti sous l’Empire (1863-1866), Paris, 1887, in-18, 422 pp. — Histoire d’un parti. Les Irréconciliables sous l’Empire (1867-1869), Paris, E. Dentu, 1888, in-18, X + 440 pp. — Histoire d’un jour. La journée du 12 juillet 1870, Paris, E. Dentu, 1888, in-18, V + 184 pp. — Notes pour servir à l’Histoire de la guerre de 1870, Paris, Ollendorf, 1888, in-18, XVII + 300 pp. — Histoire d’un parti, Les Cent seize et le ministère du 2 janvier, Paris, E. Dentu, 1889, in-18, VI + 420 pp. — L’Agonie de l’Empire. Nouvelle édition augmentée, Paris, Ollendorff, 1891, in-18, XVII + 354 pp. —

SOURCES : Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français.. — Dictionnaire général de biographie contemporaine française et étrangère, par Ad. Bitard, 1878.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément