DASSONVILLE Pierre, Henri, Joseph, dit Laplume ou La Plume

Né à Lille (Nord), le 27 mai 1812, mort à Roubaix, le 21 août 1888. Ouvrier fileur de laine. Sous-directeur de la Société fraternelle des Fileurs de Roubaix (1848). Militant socialiste.

Fils naturel d’une ménagère, il prit du service en Belgique, de 1836 à 1840, au 1er régiment de chasseurs à pied. Il fut, avec Désiré Debuchy un des fondateurs de la Société fraternelle des Fileurs de Roubaix le 1er avril 1848. Il fut aussitôt élu vice-président et en devint le secrétaire en mai 1849. Voir Debuchy D.* Il fit partie, comme représentant ouvrier, de la commission officielle d’enquête sur la situation de l’industrie à Roubaix, en 1848. Avec Désiré Debuchy, il conduisit la grève des ouvriers fileurs d’octobre 1848 déclenchée pour appuyer une demande d’augmentation des salaires. Voir Duthoit L.* Le 3 novembre, il fut nommé membre de la commission mixte (4 patrons et 4 ouvriers : Dassonville H., Desrousseaux D., Grignolio, Trachet R., qui fixa le taux des salaires (2 fr 50 à 3 fr par jour).
Le 8 janvier 1849, il signa la lettre adressée au préfet par la Société fraternelle des Fileurs, pour protester contre le licenciement de onze ouvriers, contre la condamnation de deux autres et contre le non-respect, par les patrons du tarif des salaires : « Nous n’avons jamais été plus esclaves que sous la République [...] quand nous allons réclamer au patron, on nous donne poliment notre livret. » Voir Flamencourt A.* Le 16 novembre 1849, le tribunal correctionnel de Lille condamna Dassonville à huit jours de prison pour coalition, à la suite de la grève des fileurs d’octobre 1849, qu’il avait conduite. Voir Lescroart Ch.* À sa sortie de prison, il organisa des collectes en faveur des femmes et des enfants emprisonnés. Il fut arrêté à six heures du matin, le 19 décembre 1851, et proscrit par mesure de « sûreté générale » le 26 janvier 1852. Le 3 mai suivant, il était condamné à dix jours de prison pour contravention à l’arrêté d’expulsion.
Il fut autorisé à regagner la France le 12 octobre 1853. Pour subsister, il se fit marchand de cirage. Le 14 avril 1855, la cour impériale de Douai lui infligea un an de prison pour affiliation à la société secrète du « Poignard », soupçonnée d’avoir organisé l’attentat manqué contre le train impérial (machine infernale de Perenchies-Lambersart, 10 septembre 1854). Voir Desaine A.* En 1858, il fut déporté à Tlemcen, où il resta deux ans. En 1859, le commissaire de police de Roubaix disait que Dassonville s’était toujours montré un socialiste exalté et « qu’il se faisait de temps en temps colporteur de menue mercerie pour aller dans les campagnes, surtout le dimanche, faire de la propagande démagogique ». Un signalement donné en 1858 précise que Dassonville porte toute sa barbe et des boucles d’oreille (M 141/76).
En 1882, il reçut une pension comme victime du 2 décembre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article29454, notice DASSONVILLE Pierre, Henri, Joseph, dit Laplume ou La Plume , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 6 août 2021.

SOURCES : Arch. Nat., BB 30/409, P. 1145, et 410, P. 1161. — Arch. Dép. Nord, M 140/33, M 141/76, M 547/1, M 595/2, M 620/14. — Arch. Mun. Roubaix, J I, n° 1, J II N I, D II B 18, F II C n° 1, — Le Messager de Lille, 15 novembre 1848 et 1849.

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