DUGIED Pierre

Né le 15 novembre 1798 à Auxonne (Côte-d’Or), mort à Cannes (Alpes-Maritimes) le 6 septembre 1879. Médecin, journaliste et homme politique.

Fils d’un négociant et propriétaire aisé, Dugied fit ses études au lycée de Dijon puis à l’École de médecine de Paris, à partir de 1817. En septembre 1818, il s’affilia à la loge maçonnique des Amis de la Vérité, fondée par Bazard, Buchez et autres. Il partit en 1820 avec quelques amis pour soutenir par les armes le mouvement insurrectionnel du général Pepe contre les Bourbons de Naples, mais regagna Paris avant le début de la répression autrichienne ; il rapportait les statuts de la Charbonnerie italienne qui furent adoptés par les Amis de la Vérité devenus « Haute Vente ». Il organisa ensuite le mouvement en Côte-d’Or en collaboration avec Gabriel Gabet et Étienne Cabet, délégué de la « Haute Vente » et prit part au complot de 1823 destiné à soulever les forces envoyées en Espagne par Louis XVIII.
Il abandonna provisoirement l’action politique et termina ses études de médecine, demeurant toutefois en relation avec les anciens dirigeants de la Charbonnerie, Bazard entre autres. Ainsi fut-il amené par eux à adhérer à la doctrine saint-simonienne dès 1825, à faire partie de l’« église », de 1828 à 1830. Admis au « collège » saint-simonien, correspondant, si l’on veut, au collège des cardinaux du catholicisme, il fit de la propagande saint-simonienne en province où il contribua à créer six « églises » et même en Belgique, où il accompagna Pierre Leroux. Lors du schisme qui déchira la nouvelle église en novembre 1831, il se déclara hostile aux vues d’Enfantin quant à la « réhabilitation de la chair » et soutint la demande de Carnot de discuter des questions politiques de la liberté et de l’autorité préalablement aux questions morales. Le refus qui lui fut opposé motiva son départ. Après la mort de Bazard en 1832, il prit soin de son fils Albert et fit de vaines tentatives pour convertir sa veuve au catholicisme et pour l’épouser..
Reçu docteur en médecine, il revint s’établir à Dijon et peu après, peut-être sous l’influence de son cousin germain Lacordaire, se convertit au catholicisme. Il conserva cependant une certaine orientation sociale dans ses préoccupations, fut un des fondateurs de l’Association pour l’extinction de la mendicité (1844), puis le président fondateur de la Conférence de saint Vincent-de-Paul à Dijon. Il avait créé en 1846 une Société de Patronage des Jeunes Détenus et, sur les ruines de l’établissement fouriériste de Cîteaux, une colonie pénitentiaire dans les bâtiments de l’ancienne abbaye. Il avait aussi essayé un moment d’orienter, en faisant entrer Chevé à la rédaction, le journal catholique Le Spectateur dans un sens libéral.
Avec la Seconde République, Dugied allait au contraire se tourner de plus en plus vers la droite, regrettant même qu’on n’ait pas restitué au clergé les biens nationaux aliénés, et soutenant de ses deniers, jusqu’en 1875, le journal clérical et légitimiste La Côte-d’Or.
Voir Petit A.*

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article30387, notice DUGIED Pierre, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 16 avril 2020.

SOURCES : Réunion générale de la Famille, [brochure saint-simonienne], 1831. — Bibl. Arsenal, Fonds d’Eichthal, 14387/39 et 155. — J. Gaumont, Le Socialisme en Côte-d’Or (Bibl. de Dijon, manuscrit, les tomes II, III et IV, Ms 2530, 2531 et 2532, contiennent de nombreux renseignements sur Dugied). — J. Bresson, M. Dugied, Dijon, 1880 (porte presque uniquement sur son rôle comme militant catholique). — Note de Ph. Régnier.

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