DUPUIS Étienne, Joseph ou DUPUY Étienne, Joseph ou DEPUIS Étienne, Joseph

Par Notice revue et complétée par M. Sibalis

Né le 20 floréal an X (10 mai 1802) à Cambrai (Nord), fils d’un journalier, ouvrier cambreur. Chef de grève et membre de la Société des Droits de l’Homme.

Ouvrier cambreur à Paris en 1833. Dupuis était l’un des dirigeants de la Société des Cambreurs.
L’article 6 du règlement de la Société des Cambreurs, adopté le 1er octobre 1833, disait : « Lorsqu’un contrefaçonnier, contremaître ou ouvrier refuseront de travailler pour cause de diminution, ils en feront part à la Société dans le plus bref délai ; il en sera communiqué une note à tout façonnier, contremaître et ouvrier pour qu’ils refusent le travail. »
Les ouvriers occupés versaient à la caisse trois sous par façon de tige de botte pour ceux qui faisaient grève.
C’est « le corps entier des ouvriers cambreurs » qui rédigea le nouveau tarif en octobre ou novembre 1833, et « plusieurs maîtres ont été obligés de se soumettre ».
Dupuis fut condamné par contumace au début de décembre 1833, à la suite d’une grève de cambreurs, « comme l’un des présidents de l’association [des ouvriers cambreurs], et pour avoir menacé [un autre ouvrier] de lui faire un mauvais parti s’il travaillait, et aussi comme rédacteur d’un projet de règlement. »
Il fut arrêté avec plusieurs autres ouvriers, le 8 décembre 1833, lors d’une réunion de la Commission de Propagande de la Société des Droits de l’Homme qui se tenait au 27, rue Saint-Jean-de-Beauvais, à Paris (XIIe arr., maintenant Ve), chez Napoléon Lebon* et Jean-Jacques Vignerte*, qui furent aussi arrêtés avec les autres participants, au moins une douzaine, dont Camille Berrier-Fontaine*, Félix Mathé*, le serrurier François Allard* et le bonnetier Zéphir Seigneurgens*. Les autorités accusaient ce comité d’avoir encouragé et préparé les grèves de l’automne de 1833 dans un but politique. Le procès eut lieu du 26 au 28 avril 1834. Dupuis fut acquitté, mais, en attendant son procès, il avait déjà passé presque quatre mois en prison ! Étaient contumaces au procès : « Dupuis », Millan et Grelé.
En 1834 Dupuis était marié et habitait au 37, rue des Gravilliers, à Paris.
En 1833-34, Dupuis était chef de la Section Brutus de la Société des Droits de l’Homme. En mai 1835, la police fit une descente chez lui et y saisit des documents compromettants, ainsi qu’une paire de pistolets. Dupuis prétendit que les documents étaient vieux — datant de l’époque où il était membre de la Société des Droits de l’Homme — et qu’il avait acheté les pistolets pour se protéger contre ses anciens camarades, qui lui en voulaient depuis qu’il avait quitté la Société. Mais quelques années plus tard, en 1841, un autre conspirateur le décrivit comme étant toujours un chef « communiste » qui avait beaucoup d’influence.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article30483, notice DUPUIS Étienne, Joseph ou DUPUY Étienne, Joseph ou DEPUIS Étienne, Joseph par Notice revue et complétée par M. Sibalis, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 9 septembre 2022.

Par Notice revue et complétée par M. Sibalis

SOURCES : Arch. Nat., CC 783, d 27, dossier Brazier, interrogatoire de Colomber, 24 décembre 1841. — Arch. PPo., A/a 423, pièces 298-302. — Arch. Dép. Nord, 5 Mi 12 R 036, déclaration de naissances, 27 floréal an X — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou, DY8/7-1028. — Gazette des Tribunaux, 1er et 2 décembre 1833. — « Arrestation de la Rue Saint-Jean-de-Beauvais », La Tribune, 12 décembre 1833. — Gazette des tribunaux, 1, 2-3 décembre 1833, 26-30 avril 1834. — Michelle Perrot, Les coalitions ouvrières en France, 1815-1834 DES, Paris, 1951.

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