DUSSOUBS Jean-Baptiste, dit Firmin

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Né le 29 juillet 1818 au Chalard (Haute-Vienne), mort le 14 juillet 1890 au Chalard ; avocat à Ladignac (Haute-Vienne) ; exilé à Jersey après le 2 décembre 1851 ; secrétaire de Victor Hugo ; maire républicain du Chalard en 1870.

Son grand-père était maire du Chalard. Il passa du collège royal de Limoges, où il avait fait d’excellentes études, à la Faculté de droit de Paris et devint, en 1840, avocat stagiaire à Saint-Yrieix.

Durant ses études, Firmin Dussoubs avait adhéré aux sociétés secrètes républicaines.

Il se trouvait à Paris au moment de la révolution de Février puis revint au Chalard. Mais, contrairement à ce que dit sa nécrologie publiée dans le Courrier du Centre, il ne revint pas à Paris pour défendre la République suite au coup d’État du 2 décembre 1851. Il la défendit dans son département.

Insurgé, il fut condamné par la commission mixte de la Haute-Vienne à l’expulsion momentanée. Cette condamnation était motivée par le commentaire suivant : « Socialiste connu, a pris part au projet d’insurrection, disait être prêt à sonner le tocsin si le signal était donné. Le 6 décembre se rend à Saint-Yrieix, au café Passemard, s’abouche avec les émissaires de Limoges, dit "qu’en politique, l’assassinat est le plus saint des devoirs". A depuis longtemps travaillé à répandre dans la localité qu’il habite les idées socialistes. S’est montré prêt à les réaliser dans les premiers jours de décembre. »

Il se rendit alors en Angleterre, puis il passa à Jersey, où il fut le secrétaire de Victor Hugo. Il bénéficia, le 20 avril 1852, d’une grâce accordée par les commissaires extraordinaires du gouvernement, commuant sa peine en internement, c’est à dire en résidence surveillée, à Nantes. Par grâce du 2 décembre 1852, accordée par le chef de l’État, il fut autorisé à rentrer à son domicile. Cependant il ne rentra au Chalard que vers 1855, sans doute après le départ de Hugo à Guernesey.

Firmin Dussoubs dut subir en 1858, une peine d’emprisonnement de plusieurs mois, comme « suspect ».

Le 4 septembre 1870, Firmin Dussoubs était maire républicain du Chalard. Il ne le demeura pas longtemps, à cause de sa fidélité à la République et de son prosélytisme qui lui valut d’être condamné à un mois de prison, lors de la crise du 16 mai 1877. Il reçut une pension de 1 000 francs au titre de la loi de réparation nationale de 1881.

Selon la nécrologie publiée dans le Courrier du Centre, Firmin Dussoubs était né riche, il mourut pauvre. Ses dernières années furent des années de privations qui ne le rendirent pas moins bon et pas moins obligeant. Depuis toujours, il aimait à rendre service et laissa le souvenir du meilleur des hommes. Il était aussi très cultivé, très intelligent et plein d’à-propos dans ses réparties.

Il ne semble pas avoir eu de liens de parenté avec Denis Dussoubs et Marcellin Dussoubs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article30553, notice DUSSOUBS Jean-Baptiste, dit Firmin par notice complétée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 22 novembre 2020.

Par notice complétée par Gauthier Langlois

SOURCES : Le Courrier du Centre, journal de Limoges, n° du 18 juillet 1890 (notice nécrologique). — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Dussoubs - Firmin Jean Baptiste », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Notes de Gauthier Langlois.

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