DUVIVIER Antoine dit Antony

Né le 22 octobre 1814 à La Charité-sur-Loire (Nièvre), mort en 1863 à Constantinople (Turquie) ; instituteur ; républicain et socialiste ; commissaire du gouvernement provisoire après février 1848 ; candidat malheureux à la Constituante et à la Législative.

Son père était jardinier, père de huit enfants, dont il était le second.
Instituteur dans le Morvan, il s’y intéressa à la vie populaire et au folklore et publia plusieurs écrits inspirés par eux, des poésies, une Bibliothèque instructive des enfants. Instituteur à Nevers en 1848, il s’y occupait de la bibliothèque de la ville, dont il était le conservateur.

Commissaire du Gouvernement provisoire dans le canton de Fours (Nièvre) aussitôt après la révolution de Février, il collabora d’abord au journal socialiste La Sentinelle, puis à une feuille républicaine, Le Bien du Peuple, Journal démocratique de la Nièvre.

Le programme du Bien du Peuple était : « Bien-être matériel : Travail ; Bien-être moral : Instruction ». Il prêchait aux masses « une sage confiance dans les institutions destinées à améliorer leur sort. » Duvivier allait un peu plus loin, surtout dans sa profession de foi électorale de mai 1849 — il avait déjà été candidat malheureux en avril 1848. Il disait : « Je suis républicain [...] De la République nous avons aujourd’hui le Mot. J’en veux pour demain la Chose. » Et il proposait comme une série de conséquences de l’instauration de la République une sorte de plein emploi des forces ouvrières valides, des retraites mutualistes pour les vieux travailleurs, une assistance aux invalides.

Condamné, le 25 août 1849, par le tribunal de Château-Chinon, à un mois de prison et 200 F d’amende, pour injures envers le président de la République, il s’enfuit en décembre 1851. Il fut, comme contumace, frappé de déportation en Algérie. Le commissaire de police de Nevers le représenta alors comme extrêmement dangereux, par la grande emprise qu’il aurait eue sur la classe ouvrière en vue du « renversement des lois et de la société ». C’était beaucoup trop dire.

Réfugié à Constantinople et professeur au lycée français dès sa fondation, il rentra en France pour affaires en 1858 sous conditions, mais fut arrêté à Luzy (Nièvre) pour avoir tenu des propos hostiles au gouvernement impérial, et interné en Algérie durant un an. Il regagna Constantinople en 1859.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article30607, notice DUVIVIER Antoine dit Antony, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 16 juin 2020.

SOURCES : Arch. Dép. Nièvre, série M, liasse 1852, Police générale, Jugements des conseils de guerre, et liasse Menées politiques. Hommes dangereux 1852-1869. — L. Guéneau, Biographies nivernaises, pp. 69-71. — Arch. dép. Nièvre : état civil de La Charité.

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