FARGIN-FAYOLLE Sébastien [FARGIN-FAYOLLE Jacques, Sébastien]

Par Notice revue et complétée par J. Risacher et R. Skoutelsky

Né le 23 janvier 1812 à Lamaids, canton de Montluçon (Allier), toujours vivant en 1889. Avocat. Républicain dès sa vie estudiantine, représentant démocrate-socialiste de l’Allier sous la Seconde République.

Se trouvant à Moulins lors de la révolution de Juillet, il fut l’un de ceux qui arborèrent le drapeau tricolore à l’Hôtel de Ville.
En novembre 1830 Sébastien Fargin-Fayolle vint à Paris pour y étudier le droit. Vers la fin de cette même année, il devint membre de la Société des Amis du Peuple. Bien que connu sous le seul nom de Sébastien Fayolle et âgé de 24 ans en 1832, demeurant 10, rue de la Bibliothèque (IVe arr., ancien, maintenant emplacement rue de Rivoli, Ier), il s’agit bien d’un seul et même personnage.
Il fut arrêté le 1erjuin 1832 lors d’une réunion interdite de la Société des Amis du Peuple, dans son local, 20, rue Saint-André-des-Arts (XIe arr. ancien, maintenant VIe), malgré les scellés placés par la police et il opposa, avec quelques amis, quelque résistance. Écroué pour bris de scellés et rebellion à La Force le 3 juin 1832, puis transféré à Sainte-Pélagie le 5 juin 1832, il fut avec Desbuards* condamné à 1 an de prison le 11 août 1832.
Il semble avoir poursuivi ses études hors de Paris, puisqu’il fut reçu licencié en droit par la faculté de Poitiers en 1835 et qu’il passa deux ans dans cette ville, toujours politiquement actif. Figurant sur les listes d’Auguste Blanqui*, saisie lors de l’arrestation de ce dernier en mars 1836, toujours sous le nom de Fayolle, il fut inculpé au procès des poudres, mais fut acquitté le 10 août. Il séjourna ensuite plusieurs années à Rouen.
Propriétaire, Sébastien Fargin-Fayolle exerçait sa profession d’avocat à Montluçon et se faisait remarquer pour l’ardeur de ses sentiments démocratiques. Il était l’ami personnel de Ledru-Rollin* et des animateurs de La Réforme avec lesquels il combattit lorsqu’éclata la révolution de Février. Le 23 avril 1848, le département de l’Allier l’envoya à la Constituante. Il fut élu huitième et dernier par 47 118 voix (votants : 72 233, inscrits : 89 404). Il siégea à l’extrême gauche, votant contre le rétablissement du cautionnement, contre les poursuites à l’égard de Louis Blanc* et de Caussidière*, pour l’inscription du droit au travail dans la Constitution. Il s’abstint, volontairement, le 4 décembre 1848, sur l’ensemble de la Constitution.
Il combattit la politique de l’Élysée, se prononçant pour la suppression de l’impôt sur le sel, pour l’amnistie, contre l’interdiction des clubs, contre l’expédition de Rome, pour l’abolition de l’impôt sur les boissons. Réélu à la Législative, le 13 mai 1849, dans l’Allier, le second sur sept, par 40 497 suffrages (inscrits : 90 096 ; votants : 65 506), il appartint à la Montagne, appuya l’interpellation de Ledru-Rollin sur l’expédition de Rome, signa l’appel aux armes du 13 juin 1849 et se rendit au Conservatoire des Arts et Métiers. Il fut condamné à la déportation par la Haute cour de Versailles, en novembre 1849, enfermé à Doullens (Somme) puis Belle-Île (Morbihan). Transféré à l’hôpital de Tours en 1855, il fut libéré par l’amnistie de 1859
Voir Mathé Félix*

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article30770, notice FARGIN-FAYOLLE Sébastien [FARGIN-FAYOLLE Jacques, Sébastien] par Notice revue et complétée par J. Risacher et R. Skoutelsky , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 4 juin 2021.

Par Notice revue et complétée par J. Risacher et R. Skoutelsky

SOURCES : Arch. PPo., E a/77-10 et fichier alphabétique. — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou, DY4 12-6164. — La Tribune, 12 août 1832. — Moniteur Universel, 11 août 1836. — Pascal Rhaye, Les Condamnés de Versailles, Paris, l’auteur, 1850. — Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — J.-Cl. Caron, La société des Amis du Peuple (1830-1833), mémoire de maîtrise, sous la direction de Louis Girard, Paris IV, 1978. — J.-Y. Mollier, Dans les bagnes de Napoléon III. Mémoires de C. F. Gambon, Centre des Correspondances du XIXe siècle, Paris IV-Sorbonne, PUF, 1983.

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