GARNIER-PAGÈS Étienne, Joseph, Louis, dit Garnier-Pagès l’aîné

Né le 27 décembre 1801 à Marseille, mort à Paris le 23 juillet 1841. Républicain démocrate sous la monarchie de Juillet qui, par opposition avec son frère Garnier-Pagès le jeune, était pour les ouvriers parisiens de 1848 le « bon » Garnier-Pagès. Le « mauvais » étant membre, comme on sait, du Gouvernement provisoire.

Garnier-Pagès l’aîné s’appelait en fait Garnier et il était le fils d’un directeur de la Marine. Mme Garnier, remariée avec un Pagès, et ayant eu de ce second mariage un second enfant avait eu l’idée de nommer les deux frères utérins, qui avaient l’un pour l’autre beaucoup d’affection, l’un et l’autre Garnier-Pagès, contrairement à l’état civil et au Code civil.
Garnier-Pagès l’aîné fut d’abord commis dans le commerce, mais il fit ensuite son droit et devint avocat. Il plaida à Paris et, à la fin de la Restauration adhéra à la société Aide-toi, le Ciel t’aidera. Il la réorganisa, la présida, la dirigea, après la révolution de Juillet 1830, contre Louis-Philippe. Ce que le départ des anciens membres devenus fonctionnaires orléanistes rendit facile.
Député de la circonscription de La Côte-Saint-André, dans l’Isère, de 1832 à 1834, il se fit remarquer à l’extrême gauche républicaine par la force de ses interventions. À propos de l’insurrection populaire et républicaine des 5 et 6 juin 1832, il rappela aux ministres de Louis-Philippe qu’il n’y avait pas si longtemps qu’ils conspiraient avec lui contre le pouvoir « légitime ». La majorité se déchaîna devant ce rappel intempestif. Il tint tête. Ce fut sa consécration comme chef du parti républicain.
En 1833, à l’occasion d’un voyage de propagande dans le Midi avec Laboissière (voir Olivier Ancillon*), il plaida à Lyon pour les journaux républicains la Glaneuse et le Précurseur.
Les électeurs du Mans le choisirent pour député en 1835. Il fut en 1840 le promoteur du mouvement réformiste, pour lequel il rechercha et obtint de nombreux appuis ouvriers, bien qu’il ne fût pas encore question pour l’ensemble du parti républicain de revendiquer le suffrage universel — cette revendication ne sera qu’à peine formulée pendant la seconde campagne réformiste, celle de 1847-1848, par les futurs démocrates socialistes.
Lorsqu’il mourut, de fatigue et d’épuisement plus encore que de maladie, sa circonscription passa à Ledru-Rollin, qui disposa à son tour d’un très important capital de confiance populaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article31426, notice GARNIER-PAGÈS Étienne, Joseph, Louis, dit Garnier-Pagès l'aîné, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 6 octobre 2017.

œUVRE : Lettre de M. Pagès, député, adressée aux Français patriotes. Paris, le 15 mai 1832 (au nom du Comité central de la Société Aide-toi, le Ciel t’aidera), Toulon, Imp. de Baume, S.d., grand in-4°, 2 p.

SOURCES : Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — S. Mitard, L’affaire Ledru-Rollin..., Paris, 1952. — Gilles Bollenot, "Le modèle français de police secrète au début du XIXe siècle", p. 55 de : Police et politique / avec G. Bollenot, R. Dulong [et ali.], ss la dir. de Claude Journès, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1988. —

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