GIRARDOT Claude, Martin

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Né le 2 novembre 1820 à Perrogney-les-Fontaines (Haute-Marne) ; instituteur. Socialiste, président du club établi à Pouilly-sur-Saône (Côte-d’Or), il fut poursuivi suite au coup d’État du 2 décembre 1851 et se réfugia à Jersey.

Fils de Rémi Girardot, instituteur et de Marie Martin. En 1851 il vivait à Seurre (Côte-d’Or), était marié avec deux enfants.

Une notice du procureur de la République de Beaune affirmait : « Relativement à la probité aucun reproche ne peut lui être adressé. Libertin, immoral, fréquentant les jeux, les cabarets. Sans fortune, sans considération, le père de sa femme a de l’aisance. (...) Président et orateur du club établi à Pouilly-sur-Saône (Côte-d’Or) où il était alors instituteur, il a exercé sur les ouvriers de la manufacture de produits chimiques et sur les manouvriers une déplorable influence qu’il conserve encore ; il a démoralisé cette commune ». Il aurait été affilié à des sociétés secrètes (mais aucune preuve n’est produite). Il fut révoqué le 23 février 1850 pour sa propagande démocratique et condamné à quinze jours de prison la même année pour ouverture illégale d’une école.

En fuite après le coup d’État du 2 décembre 1851, il fut condamné à l’expulsion par la Commission mixte de la Côte-d’Or avec la mention suivante : « Démagogue exalté et de la pire espèce. A provoqué à Seurre une réunion d’anarchistes pour marcher sur Beaune. Affilié aux sociétés secrètes, il était le principal orateur du club de Pouilly, où il n’a cessé de prêcher les doctrines les plus anarchiques, et de faire appel aux mauvaises passions.
Cet inculpé est imbu des plus fâcheuses idées, plein d’amour propre ; se croyant capable d’occuper les emplois les plus élevés, il a vu dans les événements de 1848 une occasion de réaliser ses propres ambitions ; les déceptions successives puis la circulaire Carnot l’ont poussé jusqu’aux dernières limites de l’exaspération. Il ne rêvait le désordre que pour arriver à saisir le rang auquel il se croyait appelé.
Le 5 décembre, entre six et sept heures du soir, une réunion de 80 personnes environ a eu lieu, à Seurre, dans une salle servant de bal, chez l’aubergiste Denizot. Une motion y a été faite de sonner le tocsin et de marcher sur Beaune. Deux ou trois cents personnes attendaient sur la promenade dite des Quinconces le résultat de la délibération, mais le maire de Seurre se rendit dans la salle Denizot et la réunion a été immédiatement dissoute.
C’est Girardot qui a fait allumer un quinquet dans la salle, puis tous sont arrivés. Morisot qui arrivait de Beaune et qui se disait délégué par le Comité de Beaune, a été trouver Girardot et sur leur invitation une réunion de 70 à 80 démagogues a eu lieu chez Denizot. Morisot a demandé le concours des gens qui assistaient à la réunion, puis un nommé Jeannin a dit qu’il fallait sonner le tocsin.
Des écrits de la main de Girardot témoignent de ses opinions démagogiques les plus avancées. Il accuse entre autres griefs qu’il lui impute, la réaction d’avoir donné le Maine pour tombeau à plusieurs soldats d’un régiment connu, dit-il, comme un des défenseurs le plus zélés de la démocratie ».

Il se réfugia à Jersey. Il demanda sa grâce et fut autorisé à rentrer à son domicile par décision du 18 décembre 1852. La profession d’instituteur lui fut interdite à sa rentrée en France et il mourut dans la gêne. Voir Lambert Jean-Baptiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article31725, notice GIRARDOT Claude, Martin par notice complétée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 10 août 2020.

Par notice complétée par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. nat., BB 30/400. — Arch. dép. de la Haute-Marne, Acte de naissance. — Arch. dép. de la Côte-d’Or, IV T 19 ; U IV E 4 et 5. — Jean Gaumont, Le Socialisme en Côte-d’Or, manuscrit de la Bibl. Mun. de Dijon. — P. Levêque, « Sur quelques instituteurs "rouges" de la Seconde république », Annales de Bourgogne, oct.-déc. 1965, p. 289-300. —Benjamin Colin, Liste des proscrits de Jersey qui sont rentrés en France à la suite de demandes en grâce, s.l.n.d. [Jersey, 1853 ?]. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Girardot - Claude Martin », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Note de P. Lévêque.

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