GOSSET Jacques, Joseph, Martin ou Jean, dit le Père des Forgerons

Né le 11 octobre 1806 à Paris ; ancien compagnon forgeron, très écouté des compagnons du Devoir du Tour de France ; formula un projet d’association générale,dépassant les rivalités, afin de régénérer le compagnonnage ; acteur secondaire du soulèvement de juin 1848.

Né 27, rue Geoffroy-Lasnier à Paris (IXe arr., maintenant IVe). Son père était « voiturier », c’est-à-dire maréchal-ferrant fabricant de voitures à cheval ; les témoins figurant sur son acte de naissance étaient l’un maréchal-ferrant, même adresse, l’autre également voiturier. Sa voie de "père des forgerons" était comme tracée. Ancien compagnon forgeron, affilié en 1837 à la Société compagnonnique du Devoir, il s’établit à Paris, rue Beaubourg (VIIe arr., maintenant IVe ou IIIe), et reçut les compagnons forgerons en qualité de logeur. Il avait une grande influence parmi les compagnons du Devoir du Tour de France, en contact avec Agricol Perdiguier*, ainsi que parmi les membres de la Société de l’Union, créée au début des années trente (voir Pierre Moreau*). Il publia en 1842, en tant que « Père des forgerons » un Projet tendant à régénérer le compagnonnage sur le Tour de France, soumis à tous les ouvriers, où il appelait la jeunesse ouvrière qui délaissait cette organisation à ne former qu’un seul faisceau pour éviter le danger de la division. Il proposait un règlement général et exposait un projet d’association générale, l’« Association générale de tous les Travailleurs français régénérés », qui devait intégrer les membres des sociétés antérieurement rivales. sous la direction d’un Comité central formé des délégués élus des sociétés de Paris en correspondance avec tous les corps du compagnonnage. La publication incita Flora Tristan à entrer en relation avec lui, ce qui fut fait courant janvier 1843, mais son initiative lui valut l’hostilité du compagnonnage du Devoir qui interdit à ses affiliés de loger chez Gosset, alors propriétaire et électeur censitaire. Gosset avait épousé le 27 février 1835 Anne Bureau qui s’en prit violemment à Flora Tristan le 16 avril 1843 : l’éclat empêcha Gosset de souscrire à sa brochure, L’Union Ouvrière (mai 1843). Sa brochure, Détails sur quelques Compagnons forgerons relativement à leur changement de Mère, apporte des indications d’une rareté exceptionnelle sur la vie intérieure des groupements compagnonniques
On le retrouve, en 1848, libraire, tenant cabinet de lecture dans le passage Holzbach donnant rue des Trois-Bornes (VIe arr. ancien, maintenant XIa). Président du Club Démocratique de la rue Saint-Maur, il participa à l’émotion générale le 23 juin, place de la Bastille, en criant « Aux armes, on tire sur le peuple. » Il prit d’abord les armes, puis se réfugia à Belleville, cependant qu’en son absence les insurgés fondaient des balles chez lui et s’évadaient par son jardin. Dénoncé, il fut arrêté en juillet, mais, sur l’intervention de son ami Perdiguier et de Guinard*, il fut libéré.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article31845, notice GOSSET Jacques, Joseph, Martin ou Jean, dit le Père des Forgerons , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, A 12037. — Jean Briquet, Agricol Perdiguier..., Paris, 1955, pp. 222 et sq. — Jules-L. Puech, La Vie et l’œuvre de Flora Tristan, Paris, 1925. — Marquet, Notice historique sur la fondation de la Société de l’Union. — Flora Tristan, Union ouvrière. Édition préparée et annotée par Daniel Armogathe et J. Grandjonc, Paris, Éd. des Femmes, 1986, p. 301. — Note de J. Grandjonc.

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