GREPPO Anne, née Glattard

Née le 14 novembre 1813 à Villefranche-sur-Saône (Rhône). Épouse de Louis Greppo. Énergique militante démocrate socialiste.

Anne Greppo avait, sous la Seconde République, joué un rôle aux côtés de son mari, s’occupant en particulier avec dévouement des œuvres d’assistance aux victimes de la répression organisées par la Montagne.
Lorsque son mari eut été arrêté préventivement, le 2 décembre 1851, Mme Greppo déploya une activité plus spécifiquement politique. Elle prit immédiatement le relais et en compagnie du représentant du peuple Malardier, établit le contact avec les ouvriers d’une usine de Chaillot ou de l’usine Cail, peut-être, à Grenelle. Elle veilla à ce qu’on préparât des proclamations en réponse à celle du président, puis accompagna Pauline Roland qui rejoignait les représentants montagnards, tout en faisant convoquer — par l’intermédiaire de Jean Pensée... — tous les chefs de groupe, avec mission de se réunir en permanence, de se porter au faubourg Saint-Antoine pour y soulever les ouvriers et de préparer l’insurrection, ordre donné à midi et demi le 2 décembre, qui ne fut évidemment pas exécuté par Pensée, dont les consignes d’abstention, au contraire, paralysèrent l’action des ouvriers affiliés, d’autant plus aisément que la masse était trompée par la restitution du suffrage universel. L’après-midi, Mme Greppo engagea à nouveau Pensée, venu « l’informer », à prendre des mesures pour agiter les masses, puis elle s’attacha à regrouper les représentants décimés par les arrestations et suscita leur réunion du 2 au soir, faubourg Saint-Antoine, réunion où les retrouvèrent les quelque 400 ou 500 affiliés de la Société de Résistance qui s’étaient rassemblés de leur propre mouvement sur la place du Vieux-Marché-Saint-Martin.
Le 3 décembre, Mme Greppo voyait chez Pensée quelques chefs de groupe qui y étaient venus chercher des consignes. Elle leur ordonna de se rendre au faubourg Saint-Antoine et au faubourg Saint-Marceau. Elle commençait à se méfier de Pensée. Elle savait déjà à ce moment l’échec des barricades du faubourg Saint-Antoine et la mort de Baudin.
Elle fut arrêtée le 8 janvier 1852, chez elle, mais on n’osa pas lui faire subir le sort de Pauline Roland et elle fut libérée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article31996, notice GREPPO Anne, née Glattard, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 2 décembre 2022.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, B 342 et 1522.

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