DEVENON Paul

Par Jacques Omnès

Né le 23 février 1882 à Saint-Colombe-près-Vernon (Eure) ; cheminot puis ouvrier du bâtiment ; militant syndicaliste et communiste.

En 1920 Paul Devenon, garde-frein au dépôt de l’Ouest-État de Laval (Mayenne), était trésorier du « syndicat des travailleurs des chemins de fer de l’État » affilié à la CGT. Il fut révoqué le 15 mai 1920 au cours de la grande grève des cheminots — voir aussi Joseph Martiniaux. Sans doute s’était-il trop fait remarquer en portant le drapeau dans les défilés de grévistes.
Le 30 juillet 1922, au cours du Ier congrès de l’Union départementale unitaire, il fut désigné comme délégué suppléant au comité confédéral (titulaire : Bonhommeau).
En mai 1924, il était alors manœuvre en Bâtiment à Laval, il fut candidat aux élections législatives sur la liste du Bloc ouvrier et paysan présentée par le Parti communiste en Mayenne. Il était le seul candidat local, ses trois colistiers — Auguste Boivent, Jean Pinochet et Marcel Sevestre — ayant été « parachutés » de Rennes (Ille-et-Vilaine). Interrogé sur ce point au cours d’une réunion électorale à Château-Gontier le 10 mai, Charles Tillon* répondit « que le Bloc ouvrier-paysan présente des idées et non des hommes et que, d’autre part, le département de la Mayenne, justement réputé comme le plus arriéré de France, ne possède pas d’éléments susceptibles de figurer sur la liste des candidats du Bloc ouvrier et paysan » (rapport du commissaire de police de Château-Gontier, 11 mai 1924).
Paul Devenon obtint 5 340 voix, soit plus de 10 % des suffrages exprimés. Ce résultat exceptionnel pour le département et pour l’époque ne doit pas faire illusion sur les forces réelles du Parti communiste en Mayenne. Il s’explique par l’absence de liste radicale opposée à la liste réactionnaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3223, notice DEVENON Paul par Jacques Omnès, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 8 mars 2012.

Par Jacques Omnès

SOURCES : Arch. Dép. Mayenne, 1 W 535, 2884 et 2893. — L’Émancipation de l’Instituteur, novembre 1922. — Charles Tillon, On chantait rouge, op. cit. — Témoignage de M. Jean-François Jaouen, 20 avril 1975.

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