GUTEL Louis, Hyacinthe, surnommé Barbès

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Né le 8 janvier 1821 à Jouarre (Seine-et-Marne), mort le 12 août 1896 à Provins (Seine-et-Marne) ; tailleur à Provins, socialiste exilé à Jersey suite au coup d’État du 2 décembre 1851.

Louis Gutel, photographié devant la serre de Marine Terrace à Jersey entre 1853 et 1855
Louis Gutel, photographié devant la serre de Marine Terrace à Jersey entre 1853 et 1855
La photographie, œuvre probable d’Auguste Vacquerie ou Charles Hugo, est accompagnée de la dédicace : « Souvenir d’exil(e) à mon ami Asplet. Gutel ».
(Source : Maison de Victor Hugo - Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet, fol. 40)

Louis Gutel épousa à Provins, le 9 janvier 1845, Louise-Augustine Blandin, et demeurait en 1846, place du Val, à Provins, où il exerçait son métier. En 1851, il avait deux enfants : Oscar-Louis (3 ans) et Mathilde (2 ans). Sa réputation était alors celle d’un ardent socialiste ; il donnait lecture des journaux dans sa boutique ; il recevait huit exemplaires du Vote universel, qu’il distribuait gratuitement. Il était l’un des cinq membres du Comité de résistance à Provins, et s’occupa activement des élections de juillet 1851. En décembre 1851, de nombreux conciliabules eurent lieu chez lui.

Il fut emprisonné à Provins fin 1851 ou début 1852, sous l’inculpation d’affiliation à une société secrète. Il écrivit au sous-préfet et au préfet en février 1852, pour affirmer sa résolution de ne plus faire de politique, fut libéré le 8 mars par ordre du préfet, après avoir fait le serment public de ne plus s’opposer au gouvernement.

Quelques jours plus tard, malgré la décision du préfet, il était condamné par la Commission centrale de révision à la transportation en Algérie (« Algérie plus »). Prévenu à temps, il s’enfuit de Provins le 19 mars et se réfugia à Bruxelles puis à Londres, enfin, en juin, à Jersey.

Il demanda sa grâce en décembre 1852. Sa peine fut commuée en internement à Valence (Drôme). Sa famille obtint, le 10 février 1853, qu’on lui assignât une résidence moins éloignée : Château-Chinon (Nièvre).

Son fils Oscar-Louis, âgé de 5 ans, mourut à Provins le 6 février 1853.

Louis Gutel et sa femme retournèrent à Jersey. Gutel y vécu comme professeur de coupe et tailleur d’habits. Le 21 octobre 1853 Gutel était présent à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

On ne les retrouve sur les recensements de Provins qu’en 1891 ; ils habitaient alors Rempart-du-Canal et sont dits « propriétaires ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article32260, notice GUTEL Louis, Hyacinthe, surnommé Barbès par notice complétée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 9 janvier 2021.

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Louis Gutel, photographié devant la serre de Marine Terrace à Jersey entre 1853 et 1855
Louis Gutel, photographié devant la serre de Marine Terrace à Jersey entre 1853 et 1855
La photographie, œuvre probable d’Auguste Vacquerie ou Charles Hugo, est accompagnée de la dédicace : « Souvenir d’exil(e) à mon ami Asplet. Gutel ».
(Source : Maison de Victor Hugo - Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet, fol. 40)

SOURCE : Archives départementales de Seine-et-Marne, 6 M 155 (2), 6 M 155 (6), séries 10 M et 11 M. — Maison de Victor Hugo - Hauteville House à Guernesey, Album Philippe Asplet, fol. 40. — À la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Le Temps, 4 août 1883. — Robert Sinsoilliez, Marie-Louise Sinsoilliez, Victor Hugo et les proscrits de Jersey, Ancre de marine, 2008, p. 115. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Gutel - Louis Hyacinthe », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013.

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