HÉRAUDEAU Pierre, Georges (abbé)

Né le 30 mai 1813 à Saint-Martin-de-Ré (Île de Ré, Charente-Maritime), sous les prénoms de Mathieu (prénom de son père), Georges - mort à La Rochelle (Charente-Maritime), le 28 février 1874 ; prêtre catholique ; républicain et socialiste, il tenta de concilier le catholicisme et les valeurs prônées par la République. Aumônier du collège de La Rochelle en 1840, il fut maintenu à titre provisoire en 1843 ; l’année suivante, il était à nouveau titulaire.

En 1848, l’abbé Héraudeau fut un de ceux qui crurent à la possibilité de souder au catholicisme les conceptions socialistes modernes que la nouvelle République semblait devoir réaliser. Avec Paul Chantôme, Jean-Baptiste Loubert, également défenseur du magnétisme humain, et Anatole Leray, ecclésiastiques comme lui, il fonda Le Drapeau du Peuple, journal de la démocratie et du socialisme chrétien, pour tenter de rallier aux idées du groupe les socialistes et aussi le clergé de province. Le conseil de rédaction comprenait 25 ouvriers. Le journal disparut en juin 1850.
Héraudeau fut révoqué par Falloux en janvier 1849. Le 23 janvier, pour se justifier, il écrivit dans La Démocratie pacifique un article intitulé « Christianisme et socialisme ». Il y rappelait que « quelques services rendus à la classe ouvrière de La Rochelle » lui avaient valu d’être porté à la présidence d’un Comité démocrate-socialiste. Et il ajoutait : « Le socialisme qui fait tout mon crime n’est autre que l’application pratique des trois grands principes de liberté, d’égalité et de fraternité que la République proclame. »
Le 4 mars 1849, La Démocratie pacifique signalait qu’un banquet démocratique et social avait été organisé à La Rochelle pour lui exprimer la reconnaissance du peuple pour s’être dévoué depuis douze ans en faveur des travailleurs.
En 1851 il ouvrit à Montmartre une maison de santé, de retraite et de convalescence pour dames qui ne dut pas connaître le succès. Il habitait alors 4, rue des Moulins. Il contribua ponctuellement au Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre, suffisamment en tout cas pour participer au repas organisé pour la fin de sa rédaction, en 1856. Trois ans plus tard, il était employé comme traducteur au ministère de l‘Intérieur et habitait à Paris, 41 bis, rue de Vaugirard. Surveillé par la police, il correspondait avec les réfugiés de Londres. Héraudeau fut aussi un des correspondants de Victor Calland.
Il demeura dans l’Église. En 1869, il officiait comme prêtre à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article32431, notice HÉRAUDEAU Pierre, Georges (abbé), version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 2 octobre 2021.

SOURCES : G. Lefrançais, Souvenirs d’un Révolutionnaire. — J.-B. Duroselle, Les Débuts du catholicisme social en France (1822-1870).. – Notes de François Gaudin.

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