JOURDAN Louis, Charles

Né à Toulon (Var) en 1810, mort à Alger le 2 juin 1881. Saint-simonien. Socialiste.

Journaliste, Jourdan commença à écrire dès le collège dans le journal libéral de Toulon, L’Aviso de la Méditerranée, avant de compléter ses études à la Faculté de droit d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
En 1831, il fonda avec Cordouan et Henry Monnier un journal satirique sans couleur politique marquée, Le Croquis.
C’est alors qu’il noua connaissance avec les saint-simoniens et qu’il se consacra à la propagande sur le rivage provençal. Il fit ensuite partie d’une espèce de mission en Grèce, pays depuis peu indépendant. À Athènes, il dirigea la feuille des missionnaires saint-simoniens Le Sauveur.
Jourdan s’installa comme commerçant à Alger en 1836, et Enfantin logea chez les époux Jourdan lorsqu’il arriva à la fin de 1839 en qualité de membre de la Commission scientifique de l’Algérie. Hortense Jourdan devint sa maîtresse et le troisième enfant du couple (en 1840) fut prénommé Prosper. « Disciple bêlant », dit M. Emerit de Jourdan, qui pratiquait également la religion du Père et la complaisance maritale et qui était heureux d’être le seul membre de l’école à tutoyer Enfantin.
Jourdan prit part à la création du journal L’Algérie en 1844, où Enfantin développa ses idées sur la colonisation en Afrique du Nord, opposées aussi bien à celles de Bugeaud qu’à celles des hommes d’affaires à courte vue. Jourdan et sa famille, comme Enfantin qui s’était embarqué à Mers-el-Kébir, près d’Oran, le 20 octobre 1841, étaient alors rentrés en France depuis longtemps. L’Algérie parut à Paris, jusqu’au 12 juillet 1846.
Jourdan s’établit de nouveau à Toulon en 1848, où il lança Le Peuple électeur, démocrate et socialiste, puis à Paris. Sous le Second Empire il collabora au Siècle, où il fut apprécié comme chroniqueur bien informé des questions économiques, coloniales et sociales.
Voir Aicard Jean*, Blanc*, Debeney Charles*, Gallon*, La Châtre Maurice*, Pacini*, Ricard Laurent*, Suchet Fulchran*, Vilers Marius*

Il mourut à Alger le 2 juin 1881, dans sa maison de Mont-Riant à Mustapha, maison qu’il avait acheté à M. Ponton d’Hamécourt en 1856. Son fils Charles hérita de cette maison.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article32881, notice JOURDAN Louis, Charles, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 7 mars 2018.

SOURCES : Notice nécrologique dans Polybiblion, 2e série, t. XIV, juillet-décembre 1881, p. 174 (courte et imprécise). — Information basée sur le Fonds Enfantin de la Bibliothèque de l’Arsenal dans : Marcel Emerit, Les Saint-Simoniens en Algérie, Paris, 1941.

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