LACOMBE Claire, dite Rose.

Révolutionnaire parisienne ; comédienne ; fondatrice de la Société des femmes républicaines révolutionnaires.

Le 25 juillet 1792, elle se présenta à la barre de l’Assemblée législative. « Française, artiste et sans place, dit-elle, voilà ce que je suis. » Et ne pouvant en conséquence donner son argent à la patrie, elle lui offrait sa « personne ». (Discours prononcé à la barre de l’Assemblée nationale, in-8°, 3 pp.) Elle participa aux côtés de Théroigne de Méricourt à la prise des Tuileries et devint vite l’égérie des militantes populaires des quartiers Saint-Antoine et Saint-Marcel, abandonna les planches pour s’installer à la Société fraternelle des patriotes des deux sexes, annexe discrète du club des Jacobins.
Rose Lacombe fonda, dans l’été 1793, la Société des Femmes républicaines révolutionnaires, qui contribua à la « poussée sans-culotte » de la fin de l’été et de l’automne. Proche de la tendance politique des « Enragés » (Voir Leclerc*, Roux Jacques*, Varlet Jean, François*), elle eut maille à partir avec la Société des Jacobins qui n’appréciait ni son « féminisme » (pour employer un terme inconnu à l’époque) ni son « exagération », notamment quand éclatèrent les rixes à propos du port de la cocarde et du bonnet rouge. Les femmes républicaines se heurtèrent aux poissardes de la Halle qui voulaient garder la liberté de leur costume. Le gouvernement révolutionnaire en profita pour fermer quelque temps la Société et la Convention nationale donna raison aux femmes de la Halle. Claire Lacombe et la Société des républicaines avaient perdu le combat. Elle fut arrêtée en même temps que les chefs des Enragés et ne fut libérée que bien après la mort de Robespierre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article33043, notice LACOMBE Claire, dite Rose. , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Albert Soboul, Les Sans-Culottes parisiens en l’an II, La Roche-sur-Yon, 1958. — Madia Tovar, « Trois femmes », L’Humanité, 5 octobre 1989. — Annette Rosa, Citoyennes, les femmes sous la révolution française, Paris, Messidor. — Madia Tovar (coll.), La révolution, elle inventa nos rêves, Paris, Messidor-La Farandole

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