DOURILLE Henri, Jean, Joseph

Par Jean Maitron

Né vers 1812 à Crest (Drôme), mort en 1876 à Crest ou à Pavilly (Seine-Inférieure) ; libraire, homme de lettres, puis employé au chemin de fer ; opposant à la monarchie de Juillet ; commissaire du gouvernement provisoire à Dieppe en 1848 ; dans les rangs des insurgés à Paris en Juin ; rallié, en apparence à Louis-Napoléon Bonaparte.

Engagé très jeune dans l’armée, Henri Dourille fut promu sous-officier. Il rallia le parti républicain après la révolution de juillet 1830. Écœuré par l’abandon des insurgés polonais, il quitta l’armée et s’installa comme libraire à Valence (Drôme), Place des Clercs. Durant l’été 1838, il réussit à convaincre le conseil municipal de sa ville d’ériger un monument au général républicain Championnet (même l’évêque versa son obole). Dans le même temps, Henri Dourille publia en janvier 1839 un pamphlet révolutionnaire, Histoire du général Championnet.
Monté à Paris, il publia l’année suivante une Histoire de la conspiration du général Mallet, que Darmès* avait chez lui lorsqu’il fut arrêté après l’attentat du 15 octobre. Collaborateur au Journal du Peuple, et à la Réforme, il était membre du groupe modéré puis chef des Nouvelles Saisons, qu’il quitta fin 1842.
En 1840, il demeurait 27 ou 29, rue des Noyers (XIIe arr., emplacement de l’actuel boulevard Saint-Germain, Ve). Inculpé d’association illicite et de complicité de coalitions ouvrières, il fut écroué le 6 septembre 1840 à La Force, au secret jusqu’au 14, transféré le 10 octobre à Sainte-Pélagie, condamné à 2 mois de prison, fait appel, mais ne semble avoir été libéré sous caution que le 24 juin 1841, réintégré le 6 juillet et condamné par la chambre des appels de la Cour royale le 10 juillet 1841, à 2 mois de prison, réintégré à Sainte-Pélagie jusqu’au 9 septembre. Condamné de nouveau, en décembre 1843, à un an pour association illicite, il fut gracié sur intervention de Delessert, préfet de police, qui reconnaissant son retour à de « bons sentiments » l’aida à entrer au chemin de fer de Rouen en 1844. Quoiqu’il paraisse avoir cessé de s’occuper de politique depuis 1842 et être devenu l’ennemi des socialistes, il fut nommé commissaire du Gouvernement provisoire en 1848 à Dieppe.
Il quitta la ville en Juin pour prendre part à l’insurrection. Chef du 3e bataillon de la XIIe légion de garde nationale, à sa tête, place du Panthéon, le 23, il menaça de faire feu sur une patrouille de la XIe légion. Partisan de Barbès, il était lié avec Ledru-Rollin et ne fut ni arrêté ni poursuivi.
Il était chef de station à Longueville (rien ne permet de dire de quel Longueville il s’agit), depuis quatre ans quand, en décembre 1851, on trouva, lors d’une perquisition chez Bocquet, ancien adjoint au maire du XIIe arr. (ancien) une lettre de lui de décembre 1850 attestant la permanence de ses sentiments favorables à une nouvelle révolution, qu’il semblait appeler de tous ses vœux. Pourtant, à Longueville, il paraissait entièrement rallié à l’ordre, votant et faisant voter pour Louis-Napoléon.
On lit aussi qu’il devint chef de station à Pavilly (Seine-Inférieure) et qu’il y mourut en 1876.
Voir Bocquet Jean-Baptiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3337, notice DOURILLE Henri, Jean, Joseph par Jean Maitron, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 mars 2019.

Par Jean Maitron

SOURCE : Arch. Min. Guerre, A 2921 et B 1445. Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/4 52- 9461 ; (DY/8 21-3192. — Ph. Matthey, Les membres des société secrètes républicaines parisiennes sous la monarchie de Juillet, mémoire de maîtrise sous la direction de Philippe Vigier, Paris X, 1986. — Gazette des Tribunaux, 17 août 1837, p. 1018, 2e col. ; 20 décembre 1843, p. 169, 1ère col. — Robert Serre, Dix mille Drômois se révoltent…, Édition Peuple Libre / Notre Temps, 2003. — Notes de Jean Risacher, Michel Cordillot et Pierre Baudrier.

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