LEMIÈRE Jean-Louis, dit Albert, dit Joseph ou LEMIERRE Louis, Jean, Joseph

Ébéniste en nécessaires à Paris ou tabletier ; combattant lors des insurrections mai 1839, de juin 1848 et de décembre 1851. Transporté en Algérie.

Né en 1816 à Sèvres (Seine-et-Oise), fils d’un capitaine de la Vieille Garde. Sans doute membre de la Société des Saisons, il participa aux combats de l’insurrection républicaine du 12 mai 1839 (Voir Barbès Armand*, Bernard Martin*, Blanqui Auguste*. Il comparut devant la Cour des pairs au procès de la première catégorie des accusés avec Barbès. Il fut condamné à cinq ans de détention et à la surveillance perpétuelle le 12 juillet 1839, Il entra à Doullens dès le 16 juillet. Six jours plus tard, il se rend coupable de la démolition de murs qui permet de réunir 5 chambres, avec Martin*, Nouguès* et Philippet*. Avec les deux derniers, il répondit aux appels de Raisant*. Puni le lendemain, il semble céder le 24. Il est mis aux fers le 27 et condamné à payer les réparations. Dans le rapport du 1er octobre, il est décrit comme « calme et tranquille », qu’il a « abdiqué la république » et qu’il ne souhaite que travailler pour gagner de l’argent. Le 16 octobre, il résiste à l’exemple de Martin. Le 1er mars suivant, il insulte les gardiens et est mis 3 jours au cachot. Le 6 ??? accompagne Raisant dans ses chants républicains. Il est enfermé dans la casemate. Le 19 mai, il passe pour « un vrai faubourien de Paris, criard, indiscipliné..., sans opinion véritable... » Le 16 juin, se révolte ouvertement, criant à tue-tête son action les 12 et 13 mai.. Cependant le préfet envoie au ministre de l’intérieur une demande de grâce pour ce « bon ouvrier... » Il n’a pas participé à l’évasion collective du 13 septembre, mais signa la pétition en faveur de son co-détenu Lombard*.
Ses années de détention lui auraient valu d’entrer en 1848 dans le corps parisien des Montagnards. Licencié, le 16 mai, avec sa compagnie, il continua de recevoir sa paye jusqu’au 20 juin. Le 23 juin, il commandait la barricade rue Saint-Hugues, arma sa section et lui distribua des munitions, cependant que sa femme accouchait ; mais cet alibi, qui lui permit d’être une première fois relâché, ne lui évita pas d’être arrêté en juillet et transporté jusqu’en septembre 1849.
De Brest, il écrivait à sa femme : « Entre nos ennemis et nous, il y a une barrière de sang que nous franchirons avant peu, pour sauver la vraie République. »
Et de fait, en décembre 1851, alors qu’il était toujours ébéniste en nécessaires, et travaillait chez lui, 224, rue Saint-Jacques, à la fabrication de cadres, il aurait défendu les barricades de la rue Rambuteau et des environs, et aurait été un des meurtriers d’un sergent de ville. Il parcourut en tout cas les quartiers insurgés en compagnie de l’ancien condamné politique Carter et paraît comme lui avoir appartenu à la Chaîne des Martyrs. Il fut transporté en Algérie (« Algérie plus »). Voir Carpentier*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article33816, notice LEMIÈRE Jean-Louis, dit Albert, dit Joseph ou LEMIERRE Louis, Jean, Joseph , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Min. Guerre, A 12081 et B 1332. — Arch. Dép. Somme, Yb 15 — Gazette des Tribunaux, juin-juillet 1839. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984, CC 726 d 1 n 9. — Note de J. Risacher.

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