DUBOIS Maurice, Émile, Joseph

Par Michel Gorand

Né le 24 février 1921 à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 14 décembre 2003 à Paris (XVIIIe arr.) ; aide-ouvrier puis employé principal ; déporté ; secrétaire général de l’Union Nord de la Fédération CFTC des cheminots (1950-1970) ; secrétaire général adjoint de la Fédération CFTC puis CFDT (1954-1970).

Titulaire d’un CAP d’ajusteur en 1936, Maurice Dubois travailla dans un garage, puis chez Citroën de 1937 à 1940, puis dans une entreprise de chauffage central à Villacoublay. Il entra à la SNCF en avril 1941 comme aide-ouvrier à l’atelier de La Chapelle (Paris-Nord) et fit partie d’une équipe de cheminots détachés à la Reichsbahn, aux ateliers de Brême en Allemagne. Arrêté par la Gestapo à son travail en janvier 1944, il fut transféré au camp de concentration de Sachsenhausen-Oranienburg, lequel fut évacué sur Krivitz avant que Maurice Dubois ne soit libéré pour un retour en France le 21 mai 1945. Il reprit son travail à la SNCF en septembre 1945, à mi-temps puis en service atténué jusqu’à début 1946. Syndiqué à la CFTC, il participa à la commission « jeunes » de l’Union Nord et à celle de l’Ile-de-France. Lors du premier congrès, après la Libération, de l’Union Nord à Amiens en mars 1946, il fut élu à la commission administrative de cette Union au titre de responsable « jeunes ». Ensuite, il fut secrétaire général adjoint de l’Union Nord et figura en 1948 sur la liste des candidats CFTC pour les élections à la Caisse de prévoyance avec le grade d’aide-ouvrier à l’atelier central de La Chapelle. Il devint secrétaire général de l’Union Nord lors du conseil d’Union du 10 octobre 1950, en remplacement de Massonnaud.

Il fut élu à la Commission administrative (organisme entre bureau fédéral et conseil fédéral) des cheminots CFTC lors du congrès fédéral de mai 1950.

Pendant la période 1948-1952, il participa à la rédaction d’un bulletin de
réflexions en direction des militants, pour faire évoluer la CFTC sur l’Union Nord ; il avait des contacts avec Paul Butet de l’Ouest et André Nicolas du Sud-Est et le bulletin était diffusé sur les trois unions de réseaux. Au titre de l’Union Nord, il fut élu au bureau fédéral lors du congrès de mai 1952 et devint secrétaire général adjoint de la fédération lors du congrès de février 1954, chargé de l’information, du Cheminot de France, de l’organisation et de la formation. Au congrès d’avril 1956, il fut réélu secrétaire général adjoint de la fédération et rapporteur du dossier sur la modernisation, lequel insistait sur ses répercussions pour les travailleurs afin d’en tirer une amélioration des conditions de travail et une modification de la réglementation du travail. Il fut reconduit dans cette responsabilité de congrès en congrès jusqu’à 1964, puis de 1965 à 1970 à la CFDT.

Au 27e congrès fédéral de septembre 1960, Maurice Dubois eut la charge de présenter un rapport sur l’organisation du mouvement prévoyant la mise en place de sections syndicales d’établissement pour une plus grande démocratie du mouvement et également la création d’une commission exécutive fédérale pouvant être en contact direct avec les secrétaires de secteur, leur donnant ainsi plus de poids et relativisant aussi les unions de régions. Le rapport et les modifications statutaires proposées furent largement adoptés. Après la grève de 1968, il participa aux négociations sur l’amélioration du droit syndical et fut, pour la CFDT, l’un des signataires du protocole d’accord. À partir de septembre 1970, il fut mis à disposition de la confédération, rattaché au secteur financier comme secrétaire confédéral, chargé de la gestion du fonds d’action syndicale (FAS) et du regroupement des caisses professionnelles et régionales, décidé par le congrès confédéral de 1970. Il fut chargé également de la mise en place de la Caisse nationale d’action syndicale (CNAS) décidée au congrès confédéral de 1973, dont le premier président fut Raymond Martin. Cette caisse est chargée du paiement d’indemnités de grèves aux adhérents et de l’assistance juridique aux délégués et militants. Maurice Dubois, qui avait passé un examen interne à la SNCF, prit sa retraite de cheminot en 1976 comme employé principal, mais resta secrétaire confédéral jusqu’à août 1981.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3396, notice DUBOIS Maurice, Émile, Joseph par Michel Gorand, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 8 mai 2020.

Par Michel Gorand

SOURCES : Archives CFDT. — Le Cheminot de France. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Correspondance avec le militant, 2000 et 2002. — Notes de Georges Ribeill.

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