DE LONGMARE François, Théodore [parfois DE LANDREMARE, ou LONGUEMARE]

Né le 30 Pluviôse an III (22 janvier 1795), à Tostes (Eure) ; Ouvrier de filature à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; condamné pour coalition en 1830.

Fils d’un meunier, Théodore De Longmare naquit à Tostes, commune voisine de Pont-de-l’Arche (Eure), proche de la cité toilière de Louviers (Eure). Est-ce à la suite de la transformation du moulin de son père en filature mécanique qu’il découvrit le métier ? Toujours est-il qu’en 1830, il était fileur dans le quartier Saint-Sever de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ou à Sotteville-les-Rouen. Il avait 26 ans et habitait à Rouen, place Saint-Hylaire.

Théodore De Longmare fut arrêté et poursuivi par la justice dans le cadre de la répression d’une vaste coalition d’ouvriers qui se forma à Sotteville-lès-Rouen et dans le quartier Saint-Server de Rouen en fin août 1830.

Les fileurs rouennais, bientôt rejoints par d’autres corporations, voulaient profiter du fait, qu’à Paris, les ouvriers avaient avaient participé ardemment à la Révolution de Juillet 1830, pour obtenir des changements concrets dans leurs conditions de vie et de travail. Il revendiquèrent donc la révision des règlements intérieurs des filatures, avec en particulier la suppression du système d’amendes. Mais ils revendiquèrent surtout la réduction du temps de travail sans perte de salaire, ainsi que des augmentations de salaires. D’après Journal de Rouen, à cette époque, la durée du travail était de 16 heures 30, et pouvait atteindre les 17 heures ; les fileurs revendiquaient qu’elle soit limitée à 12 heures par jour.

Le 27 août 1830, des ouvriers fileurs qui avaient arrêté le travail s’étaient portés d’ateliers en ateliers dans les quartiers de la rive gauche de la Seine, engageant leurs camarades à arrêter le travail et à se joindre à eux. Le mouvement s’étendit rapidement à Darnétal (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), ainsi que dans les vallées du Cailly et de l’Austreberthe, à l’ouest de Rouen. Il dura jusqu’au 11 septembre, et fut marqué par des accrochages nombreux avec la garde nationale et la gendarmerie. (Voir : Adonis Amourette et Nicolas Halavent.)

Le 12 novembre, lors du procès de la coalition de Saint-Sever et de Sotteville, un témoin déclara avoir reconnu, le 4 septembre, Théodore De Longmare parmi les ouvriers qui présentèrent à M. Callon, filateur à Sotteville, un écrit par lequel ce dernier s’obligeait à augmenter le salaire de ses ouvriers. Sur le refus de ce dernier, « les travaux furent interrompus ». Le mardi suivant la même scène se reproduisit et le filateur continua, refuser l’augmentation, et les travaux furent de nouveaux interrompus. Cela suffit pour que le tribunal le considère comme « étant suffisamment convaincu d’avoir fait partie d’une coalition d’ouvriers tendant à faire cesser tous les travaux dans les ateliers pour enchérir les salaires », et que « cette coalition fut suivie d’effet par l’interruption et la suspension des travaux depuis le 27 août jusqu’au 6 septembre suivant, dans les filatures de Sotteville-lès-Rouen et du faubourg Saint-Sever ». Il fut condamné sous le nom de Théodore De Landremare, à un mois d’emprisonnement comme Adonis Amourette, Alexandre Levézier, et Jacques Revert ; Stanislas Loison et Dominique Labois furent condamnés à deux mois ; Les frères Leprince (Pierre et Jean), ainsi que Étienne Petit, et Alphonse Leloutre, furent relaxés.

Pour la coalition du Faubourg Saint-Sever de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), voir : Adonis Amourette, Dominique Labois, Alexandre Levézier, Théodore De Longmare, Alphonse Leloutre, Stanislas Loison, Jacques Revers ; pour celle de Barentin et Pavilly, voir : Louis Coeffier, Pierre Drély. Pour la Vallée du Cailly, voir Jean-Isidore Prévost. Pour Darnétal : Nicolas Halavent. Pour la répression d’un attroupement de Rouen, voir : Paul Caumont. Coalition d’enfants Narcisse Saint-Martin

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article34130, notice DE LONGMARE François, Théodore [parfois DE LANDREMARE, ou LONGUEMARE], version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 7 octobre 2015.

SOURCE : Arch. Dép. de Seine-Maritime, Greffe du tribunal correctionnel Rouen, jugements (du 5 avril 1829 au 24 octobre 1831), Cote 3U4-1320 — Journal de Rouen, du 28 août au 12 novembre 1830. — État civil de Tostes (27), Arch. Dép. de l’Eure — Gazette des Tribunaux, 15 novembre 1830.

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