MANOURY

Ouvrier graveur sur bois à Paris, membre de la société de secours mutuels autorisée, appelée Société des Amis du Travail. Il comparut devant le tribunal correctionnel, avec quatre camarades, le 1er octobre 1836. Ils étaient accusés de coalition. Mais il ne s’agissait pas pour eux d’obtenir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. La vraie raison de la coalition était de parvenir à ce que Mme Laporte, « metteur sur bois, chef des graveurs » des ateliers Goudran et Fragis où ils étaient occupés, abandonnât sa situation. Veuve d’un patron, Mme Laporte prétendit, à l’audience, que Manoury et les quatre autres inculpés lui avaient fait entrevoir, à son domicile où elle les avait reçus, « des travaux pour l’avenir, mais à la condition qu’elle sortirait de chez le sieur Goudran ». C’était évidemment la question du travail féminin et, qui plus est, du travail de direction d’une femme dans un atelier de gravure sur bois qui était posée. Les cinq reconnurent qu’ils avaient mis l’interdit sur l’atelier, mais nièrent qu’ils aient voulu imposer aux patrons le renvoi de Mme Laporte, et ils donnèrent de leur visite chez elle une interprétation qui excluait toute idée de menace ou de chantage. Manoury et Bobin furent condamnés à deux mois de prison pour coalition ; les trois autres à quinze jours. Voir Bataille, Bobin*, Boussard*, Talangon*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article34418, notice MANOURY , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 3 juin 2021.

SOURCE : Gazette des Tribunaux, 2 octobre 1836.

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