MARTIN Léon, dit Thiou

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Né le 19 avril 1813 à à Melle (Deux-Sèvres) ; militant socialiste, il fut expulsé suite au Coup d’État du 2 décembre 1851 et se réfugia à Jersey.

Ancien étudiant en médecine, de famille riche et notoire, il demeurait à Melle lorsqu’il fut condamné par la Commission mixte des Deux-Sèvres à l’éloignement du territoire (16 février 1852) :
« Martin dit Thiou, âgé de 38 ans, fruit sec de l’École de médecine (sic), célibataire ;
« Considérant qu’il est un ancien affilié des sociétés secrètes de Paris, conspirant par goût et habitude, qu’il fait passer sa paresse pour du désintéressement et de l’indépendance, ce qui lui donne aux yeux des populations un vernis d’honnêteté et de désintéressement ;
« Considérant qu’il ne se sert de l’influence que lui donne cette apparence que pour recruter des révolutionnaires ;
« La Commission est d’avis qu’il soit éloigné momentanément de France. »

Il reçut un passeport pour l’Angleterre, le 24 mars 1852 ; il figure sur la liste des proscrits résidant à Jersey (Saint-Hélier, Apsley Road, Alton College). Le 21 octobre 1853 il participait à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

Une demande de grâce ayant été présentée par Mme Martin pour son fils, le préfet proposa de commuer la peine de celui-ci en simple surveillance (rapport au ministre de l’Intérieur du 27 juin 1853). Léon Martin s’engagea à ne plus faire de propagande. On découvrit qu’il n’avait rien fait ni à Melle ni à Niort, le 3 décembre 1851, lors de la démonstration populaire, et sa peine d’expulsion fut commuée en surveillance par décision impériale du 6 août 1854. Il revint à Melle le 22 novembre 1854.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article34626, notice MARTIN Léon, dit Thiou par notice complétée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 12 juillet 2020.

Par notice complétée par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 4 M 6/17, 4 M 15/4. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Martin, dit Thiou - Léon », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013.

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