MÉNARD Louis

Écrivain d’un talent universel, né et mort à Paris (1822-1901), républicain et socialiste.

Il était le fils du libraire-éditeur Eustache Ménard, installé, 3, place de la Sorbonne, là où se trouvait la librairie du Crapouillot (Jean Galtier-Boissière est le petit-neveu de Louis Ménard) Louis Ménard fut simultanément poète, philosophe, historien des religions et des peuples antiques, essayiste, pamphlétaire politique et critique d’art, chimiste et peintre paysagiste à Barbizon aux côtés de Théodore Rousseau et de son frère René Ménard. C’était un fanatique admirateur de la Grèce antique, un « païen mystique », et un passionné de justice sociale.
Démocrate sous Louis-Philippe, il avait applaudi à l’avènement de la République de Février. Il fut indigné par la répression qui suivit la défaite des insurgés de Juin 1848. C’est alors qu’il rédigea son Prologue d’une Révolution, exposé de cinq mois d’histoire politique française, de février à juin 1848, et « cri de révolte d’une âme généreuse contre l’atroce répression d’une émeute volontairement provoquée. » L’ouvrage parut en feuilleton dans Le Peuple de Pierre, Joseph Proudhon*, du 11 décembre 1848 au 19 février 1849, puis en dix livraisons à 0,30 F et enfin en volume mis en vente au « Bureau du Peuple », 3, rue Coq-Héron (in-8°, 317 pp., 1849).
Louis Ménard et le gérant du Peuple furent poursuivis pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement de la République, pour excitation à la haine et au mépris des citoyens les uns contre les autres et pour reproduction d’un article, déjà condamné, de Lamennais*. Dans le supplément du Peuple, du lundi 2 avril 1849, Louis Ménard publia tous les témoignages qui lui avaient servi à rédiger son livre, et qui figurent en annexe des éditions ultérieures.
Le 7 avril 1849, Louis Ménard et le gérant du Peuple furent condamnés respectivement à trois ans et à quinze mois de prison, et tous deux solidairement à 10 000 francs d’amende. Louis Ménard s’exila d’abord à Londres, où il retrouva son ami Louis Blanc*, puis à Bruxelles où il se lia avec Auguste Blanqui* et fit la connaissance de Karl Marx* et deFriedrich Engels*. Il rentra à Paris après l’amnistie de 1859.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article34882, notice MÉNARD Louis , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

ŒUVRES : On en trouvera la liste dans l’édition du Prologue d’une Révolution, publiée par les soins de Jean Galtier-Boissière (Paris, 1957). On retiendra la réédition de Péguy : Prologue d’une Révolution, « Cahiers de la Quinzaine », cinquième série datée du 29 juin 1904, notice de Daniel Halévy ; annexes sur le procès. (C’est Émile Buré qui suggéra à Péguy de réimprimer l’ouvrage. Dans la préface de Daniel Halévy, on lit qu’il s’agit d’« un monument de la perpétuelle utilisation du peuple par la bourgeoisie, de la perpétuelle déception du peuple par la bourgeoisie, du perpétuel massacre du peuple par la bourgeoisie »).

SOURCES : Voir l’édition du Prologue d’une Révolution par J. Galtier-Boissière, déjà citée et dont la préface a permis de rédiger cette chronique.

ICONOGRAPHIE : Un portrait de Louis Ménard se trouve à la page 7 de l’édition Galtier-Boissière du Prologue.

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