MIE Auguste [MIE Louis, Augustin, dit Auguste]

Né le 18 octobre 1801 à Périgueux (Dordogne), mort le 18 décembre 1885 à Saint-Mandé (Seine). Avocat et imprimeur d’avant-garde. Représentant Montagnard de la Dordogne à la Constituante et à la Législative.

Augustin Mie était le fils de Jacques Mie, qui avait été juge de paix à Périgueux. Il étudia le droit sous la Restauration et appartint à la Charbonnerie. Il se battit sur les barricades de juillet 1830, devint imprimeur. Il avait obtenu le transfert du brevet de François Charles Farcy, démissionnaire, à son profit en janvier 1830, sans difficulté. Il avait par ailleurs travaillé pendant un temps chez l’imprimeur parisien Gauthier-Laguionie.
Augustin Mie mit ses presses à la disposition des journaux du parti du Mouvement, voire des feuilles de réforme sociale (Le National, La Tribune, Le Globe.) Il imprima les brochures de la Société des Droits de l’Homme et celles des membres de cette société. Voir Efrahem Zael*
Les premières années de la monarchie de Juillet lui valurent vingt-cinq procès d’assises et cinq procès correctionnels. Le dernier où il fut impliqué fut le procès d’Avril. S’il n’y en eut pas davantage, ce fut parce que sa qualité d’imprimeur du journal républicain La Tribune amena le retrait de son brevet d’imprimeur en 1834. Endetté (probablement du fait des amendes qu’il devait payer), il dut cédé son imprimerie à Fritz Estibal.
Auguste Mie fut vainement candidat aux élections devant le Ier collège de Dordogne en 1846. Magne, futur ministre de Napoléon III, l’emporta sur lui.
Il participa, à Paris, aux journées de Février 1848, escorta le nouveau gouvernement à l’Hôtel de Ville et remit ses presses au service du peuple.
Un de ses adversaires politiques le dépeignait ainsi : « Gai comme un enfant, sincère et probe comme un apôtre dans ses convictions. »
Il revint en Dordogne pour solliciter les suffrages des électeurs aux élections à la Constituante du 23 avril 1848. Il ne fut pas élu, mais il prit sa revanche lors d’une élection complémentaire le 4 juin. Bien qu’il fût soutenu par les commissaires du Gouvernement provisoire, il n’avait obtenu le 23 avril que 21.676 voix et était arrivé en 18e position alors qu’il n’y avait que treize sièges à pourvoir. Le 4 juin, 17.385 suffrages sur 53.024 votants et 141.397 inscrits lui permirent d’être élu. Il vota toujours avec la gauche.
Auguste Mie était très populaire parmi les ouvriers de Périgueux, sans doute parce qu’il avait demandé la reconnaissance du droit au travail et son inscription dans la Constitution. Au moment de l’élection à la présidence de la République, il fit activement campagne pour Ledru-Rollin. Le 20 novembre 1848, à huit heures du soir, un nombre imposant d’ouvriers vinrent lui donner une sérénade devant la maison de son frère Louis, maire de la ville, au balcon de qui étaient affichés en lettres rouges les votes d’Auguste Mie : « Instruction publique et obligatoire. Droit au travail. Impôt progressif. » Auguste Mie s’adressa à la foule pour lui déclarer que la Montagne et Ledru-Rollin assureraient le salut de la France. Le lendemain, 21 novembre, les ouvriers lui élevèrent un arc de triomphe.
Toutefois, Auguste Mie s’efforçait, dans le même temps, de calmer les appréhensions des électeurs modérés et affirmait que la Montagne n’avait rien de commun avec les « républicains rouges, pourvoyeurs d’échafaud, qui ont fait abhorrer notre première République. » Ses efforts furent vains, la Dordogne vota en masse pour le neveu de l’Empereur.
Auguste Mie fut réélu le 13 mai 1849, quatrième sur dix, avec 61.110 voix, sur 105.677 votants et 145.779 inscrits. Montagnard, il se prononça contre l’expédition de Rome, contre la loi Falloux et contre la loi restrictive du suffrage universel. N’étant pas bon orateur, il ne fut pas de ceux contre qui se déchaîna la répression après le coup d’État du 2 décembre 1851, contre lequel il protesta sans plus. Mais il conserva ses idées et ne put les faire triompher à nouveau en Dordogne, ni en 1869, comme candidat de l’opposition radicale, ni le 8 février 1871 comme radical et patriote.
Sous la Troisième République, Auguste Mie, retiré près de Paris, ne se mêla plus à la vie politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article35036, notice MIE Auguste [MIE Louis, Augustin, dit Auguste] , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 17 mai 2018.

ŒUVRE : De la souveraineté du peuple dans les élections, Paris, A. Levavasseur, 1830, 22 p.

SOURCES : Arch. Nat. F18 1803. - Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — Georges Rocal, 1848 en Dordogne, Paris, 1933.

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