MILLEVOYE

Jeune garçon perruquier à Senlis (Oise) en septembre 1839. Il rédigea avec le garçon tailleur Pacaut des placards séditieux et, sans les faire imprimer, les apposa sur les murs de la ville. Défendus par un jeune avocat stagiaire à Beauvais et par l’avocat parisien Choron, Millevoye et Pacaut furent condamnés tous les deux, en mars 1840, par les assises de l’Oise, à quinze mois de prison. Voici, d’après notre source, le Journal de l’Oise du 18 mars 1840, le texte d’un de ces placards manuscrits, l’orthographe que donne la feuille locale étant respectée :
« Se n’est pas avec 25 souz par jour que je peut nourrir 5 enfant ; si le pain ne vien pas à 30 sout nous pilleron ché tou les fermiez. Vive la Rép. À bas les fermiez et ceux qui les soutient.
« À 9 heurs du soirs sur la plase du marchez au blez le cris seras Vive la rép et le pain à 30 sout. Bravons la mort.
« Revolton nous pour le pains.
« Ne faut pas sappelez fransaits pour etre aussis lache que vous lettre.
« Lach des selissiens que vous étre tout, set vote non à tout.
« Les senlissiens sont plutot capable de manger du foin que du pain. Vous nêtre pas digne de vivre. Vous aimez mieux mourrir de faim que de mourrir avec gloire. »
Seul l’avant-dernier paragraphe présente des difficultés de lecture et demande à être restitué : « Lâches de Senlissiens que vous êtes tous, c’est votre nom à tous. » Voir Chaillou*, Choron*, Pacaut*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article35076, notice MILLEVOYE, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.
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