MORIENCOURT Joseph, Placide, dit « Le grand Joseph » . Écrit parfois par erreur MARIENCOURT

Né en 1813 à Saint-Omer (Pas-de-Calais). Ouvrier mécanicien puis menuisier et vernisseur à Paris. Républicain actif dans les sociétés républicaines ou secrètes. Acquis aux idées communistes.

Demeurant 17, rue Au Maire (VIe arr., maintenant IIIe), les péripéties de son existence au cours des premières années de la monarchie de Juillet ne sont pas très claires et il fut plusieurs fois arrêté : le 21 mai 1831, à la suite des manifestations provoquées par la célébration de l’anniversaire de la mort de Napoléon, écroué à La Force et condamné à 1 an de prison, le 23 juillet pour provocation à la désobéissance, coups, outrage à la pudeur, et en août 1832 puis pour tentative d’évasion à l’aide de violence. Il rejoignit la Société des Droits de l’Homme et fut encore une fois arrêté sous l’inculpation de complot ayant pour but de renverser le gouvernement et écroué le 28 juillet 1833 à Sainte-Pélagie. Il fut libéré pour non-lieu le 18 octobre 1833. Demeurant 80, rue Saint-Denis (VIe arr., maintenant Ier), il fut arrêté le 24 février 1834, avec « 47 individus supposés appartenir à la Société des droits de l’Homme, au café des Deux Portes, boulevard Saint-Denis », avec entre autres, Quignot Pierre* et Victor Boireau*. Il fut écroué pour complot à Sainte-Pélagie le 26 février. Il était accusé de faire partie de la société d’action, créée par Théophile Kersausie* en décembre ou janvier, et d’avoir participé à une distribution d’armes, notamment en donnant un pistolet à Jules Ferrand, peintre. A Sainte-Pélagie, il fut l’un des animateurs des révoltes de prisonniers. Transféré le 30 septembre 1834 à La Force, son dossier rejoignit ceux des accusés des journées insurrectionnelles d’avril à la Cour des Pairs. Il obtint un non-lieu de la Cour des Pairs, mais sa libération prévue le 22 décembre 1834 fut reportée au 22 janvier pour rébellion.
Demeurant 70, rue de Bondy (Ve arr., maintenant rue René-Boulanger, Xe), toujours pour provocation à la rébellion, il fut de nouvel écroué à Sainte-Pélagie le 21 avril 1835, puis à La Force, libéré sur ordonnance de la chambre du conseil, sans date (sans doute juin).
Dans le cadre de l’enquête concernant l’attentat du 28 juillet (affaire Fieschi*), il fut détenu à La Force, « à la disposition de la Cour des Pairs » le 6 août 1835, (avec Jules, Victor Galland* et Pierre, Eugène Dugrospré*), libéré le 21 août 1835 sur ordonnance de non-lieu de la Cour des Pairs. Parallèlement, il fut impliqué dans les poursuites contre Stévenot* et Quignot* en 1835 , soupçonné de communisme dès cette date, sinon avant.... Il fut vraisemblablement membre de la Société des Saisons et compromis à l’issue des journées de mai 1839, mais son dossier figure parmi ceux des individus à l’égard desquels il n’y a pas eu d’instruction, avec le tailleur Aron*, Napoléon Bazin*, Albert Laponneraye*... Enfin, demeurant 16, rue de la Parcheminerie-Saint-Jacques (XIe arr., maintenant Ve), il fut écroué une nouvelle fois à Saint-Pélagie pour propos séditieux, du 20 au 28 août 1840.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article35271, notice MORIENCOURT Joseph, Placide, dit « Le grand Joseph » . Écrit parfois par erreur MARIENCOURT, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 1er août 2016.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, A 12311. — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou DY/4 7-1076, DY/4 13-7261, DY/8 7-888, DY/8 7-1076, DY/4 24-6867, DY/4 25-7711. DY/8 8-1852, DY/4 27-9556, DY/4 28-10494, DY/8 21-2718. — Cour des Pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Réquisitoire. Paris, Imprimerie royale,, 1834, T 3, vol 2, p. 64-67. — Cour des Pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 596 D 1 N° 8. — Cour des Pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984 CC 680 D 8 N 67, CC 748 N 511. ---- France. Cour des Pairs, Attentat du 28 juillet 1835. Rapport fait à la Cour par M. le Comte de Portalis, Paris, Impr. Royale, 1835, p. 353. — France. Cour des Pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Rapport fait à la Cour par M. Girod (de l’Ain). Tome troisième. Faits particuliers de Paris, Épinal, Lunéville et Perpignan. Compétence, Paris, Impr. Royale, 1834, p. 422. — France. Cour des Pairs, Affaire du mois d’avril 1834. Réquisitoire de M. le Procureur-Général, présenté à la Cour le 8 décembre 1834 [Suivi de : Cour des Pairs. Affaire du mois d’avril 1834. Annexes du réquisitoire, Paris, Impr. Royale, 1834, p. 21.— Ph. Matthey, Les membres des sociétés secrètes républicaines parisiennes sous la monarchie de Juillet, mémoire de maîtrise sous la direction de Philippe Vigier, Paris X, 1986. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 397-400. — Notes de J. Grandjonc, J. Risacher, R. Shapira.

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