EBEL Charles

Par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss

Né le 28 avril 1906 à Bischheim (Basse-Alsace, Alsace-Lorraine), mort le 4 mai 1985 à Strasbourg (Bas-Rhin) ; chaudronnier à la SNCF ; syndicaliste CGT et militant communiste du Bas-Rhin, membre du bureau de l’Union des syndicats CGT de cheminots d’Alsace et de Lorraine (1947-1954) ; résistant emprisonné.

Charles Ebel était le fils de Charles Ebel, plâtrier, et de Madeleine Menn, catholiques. Il épousa le 14 octobre 1932 à Schiltigheim (Bas-Rhin) Thérèse Seiter. Il était chaudronnier aux ateliers de Bischheim et militait dans la section de Schiltigheim du Parti communiste. Membre du réseau Wodli, il fut arrêté par la Gestapo le 2 mai 1942, à la suite des aveux d’Albert Erb et interné au « camp de rééducation » de Schirmeck. Le Volksgerichtshof, tribunal nazi d’exception, le condamna le 25 janvier 1943 à la réclusion perpétuelle, en même temps qu’Albert Erb et Léonard Keim. Il fut interné dans plusieurs prisons d’Allemagne, dont en dernier lieu celle de Landsberg (Bavière). Il fut rapatrié le 1er mai 1945.

Charles Ebel, qui avait repris son travail à Bischheim, fut élu au bureau de l’Union des syndicats CGT de cheminots d’Alsace et de Lorraine en 1947. Il fut exclu de la CGT, en 1954, avec Albert Erb et quatre autres militants. Ils étaient accusés de malversation et malhonnêteté dans une affaire de vente de chaussures. Albert Erb, en 1949, avait monté un circuit de vente de chaussures aux ateliers de Bischheim, puis dans tous les syndicats. Ces chaussures provenaient d’usines du nord du Bas-Rhin touchées par la crise. Ces ventes rapportaient de l’argent au syndicat. Ces pratiques furent bientôt contestées par Paris, qui voyait d’un mauvais œil le syndicat se lancer dans un commerce lucratif. En 1952, la fédération demanda de mettre un terme à cette activité. Albert Erb, qui venait d’être contraint de démissionner de son poste de secrétaire général de l’Union A-L, fut chargé de liquider l’affaire, mais il prit l’initiative, avec d’autres camarades de la CGT, dont Ebel, de poursuivre les ventes sous la forme d’une association familiale. Des sommes importantes furent réclamées à l’Union. L’imbroglio financier qui en découla provoqua des conflits et aboutit à l’exclusion de six camarades au mois de mars 1954.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3574, notice EBEL Charles par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 1er juillet 2009.

Par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss

SOURCES : L’Humanité d’Alsace et de Lorraine, 24 mai 1945. — Le Cheminot unifié, 10 juin 1945. — Le Cheminot, mars 1954. — Léon Tinelli, L’Alsace résistante, Strasbourg, 2002.

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