PARDIGON François, Claude

Né le 14 novembre 1826 à Salons (Bouches-du-Rhône) ; insurgé de Juin 1848 ; membre de clubs démocrates-socialistes exilé à Londres après juin 1849.

Petit-fils d’un « travailleur » (journalier) et fils d’un maçon devenu aubergiste, étudiant en droit à Paris, François Pardigon demeurait depuis dix-huit mois rue Royer-Collard, quand se produisit l’insurrection de Juin. Membre des clubs de l’Union et du 2 mars, ainsi que du club Central de la rue Albouy, il aurait été l’un des principaux instigateurs de l’insurrection. Le 22 juin, au club de l’Union, il prêchait la guerre civile. À proximité, place du Panthéon, se tenait un rassemblement nombreux ce soir-là, et Pardigon allait du club au rassemblement et du rassemblement au club, où il rendait compte des déterminations prises pour le lendemain. Le 23, il assista à la prise de parole d’Arago devant une barricade qui n’était pas défendue. Le soir, à 10 heures, il fut arrêté, alors qu’il demandait le mot d’ordre à une sentinelle, rue Saint-Jacques, près de la rue des Grès, la croyant insurgée ; mais il s’agissait d’un garde républicain. Blessé dans la nuit du 26 au 27 au Carrousel, lors d’un transfert de prisonniers, par un coup de feu en plein visage qui l’a presque défiguré, il fut libéré en août sur la recommandation de plusieurs représentants du peuple. Dans une réunion électorale, en octobre 1848, Pardigon déclara qu’il avait été derrière les barricades en Juin et qu’il n’était pas découragé. En 1849, il était membre de la commission permanente ou secrétaire du Conseil central des républicains socialistes, un club installé passage Sourdis, puis délégué au Comité démocratique-socialiste pour l’organisation des élections de 1849, on le nomma membre de la commission des Vingt-cinq après leur clôture. À la suite de l’insurrection manquée du 13 juin 1849, bien que n’étant accusé que de complot, il fut néanmoins condamné à la déportation et contraint de s’exiler. Depuis Londres où il s’était réfugié, il collabora au mensuel publié sous les auspices d’Auguste Blanqui*, Les Veillées du peuple.
En 1852, il publia une brochure sur l’insurrection de juin dans laquelle il apparaissait proche des idées de ce dernier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article35769, notice PARDIGON François, Claude , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 17 juin 2018.

ŒUVRE : Épisodes des journées de juin 1848, Londres, Jeffs, 1852, in-16, 222 p.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, A 9287. — Pascal Rhaye, Les Condamnés de Versailles, Paris, l’auteur, 1850. — Notes de M. Cordillot et R. Skoutelsky. — Réédition de : François Pardigon, Épisodes des journées de juin 1848, présentation d’Alix Héricord, La Fabrique éditions, 2008.

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