PARENT Bayle

Par Michaël Boudard

Né le 18 août 1796 à Dornecy (Nièvre), mort le 16 juin 1872 à Clamecy (Nièvre) ; pharmacien à Clamecy ; commissaire du gouvernement (février-juillet 1848) puis sous-préfet de Clamecy (juillet 1848-janvier 1849) ; opposant au Second Empire.

Bayle Parent était le fils de Étienne Jean François Parent dit Bias (1754-1802), curé de Rix avant la Révolution française, et qui en devint l’une des personnalités marquantes dans la Nièvre : il fut également le « fondateur du journalisme politique en Nivernais » selon l’historien Guy Thuillier.
Établi comme pharmacien à Clamecy, Bayle Parent fut un ami de l’instituteur Claude Tillier, romancier et pamphlétaire qui quitta Clamecy en 1841 pour Nevers (Nièvre). Après sa mort, Bayle Parent est l’auteur d’une brochure : Notice sur Claude Tillier au profit de ses enfants. Il dédia son travail, très bien informé, à l’avocat neversois Alexis Frébault (31199), qui avait prononcé l’oraison funèbre de Claude Tillier, louant en Frébault l’« ami dévoué » et le « conseil éclairé et modérateur » de Tillier.
Au début de la Deuxième République, avec Jules Cornu et le docteur Maurice Lachevrie, Bayle Parent fut l’un des trois commissaires nommés par le gouvernement provisoire et, en juillet 1848, il fut nommé sous-préfet de l’arrondissement de Clamecy. Mais, après la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte à l’élection présidentielle de décembre, il fut révoqué de ses fonctions en janvier 1849. Début février, le journal Le Bien du Peuple publie la « pétition des habitants les plus notables de Clamecy ainsi que des flotteurs contre la décision de révoquer M. Parent » (elle est constituée de 277 signatures).
Comme son gendre Jean Alexandre Guerbet, Bayle Parent fut candidat lors des élections législatives de mai 1849. Il était soutenu par Le Bien du Peuple avec les candidats Félix Pyat, Ferdinand Gambon, Jules Miot, Michel-Ange Périer, Antony Duvivier et P. Mouton. Mais il n’obtint que 5 545 suffrages (son gendre en obtint 18 048). Quelques jours plus tard, il était élu président du tribunal de commerce de Clamecy.
Non inquiété après le coup d’État du 2 décembre qui voit Clamecy et ses environs se soulever, ce ne fut pas le cas de son gendre, condamné et déporté en Guyane où il mourut.
Durant le Second Empire, Bayle Parent était toujours très surveillé par les autorités en témoigne cette note biographique de 1857 : « Bayle Parent, pharmacien à Clamecy, est actuellement le chef du parti socialiste dans l’arrondissement. Il n’a pas été compromis en décembre 1851, bien qu’il ait pris part à la direction du mouvement ».
Lors d’élections partielles pour le conseil municipal de Clamecy en 1866, il fut élu comme candidat d’opposition, signe de son aura et de son influence intacte.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article35775, notice PARENT Bayle par Michaël Boudard, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 10 octobre 2021.

Par Michaël Boudard

SOURCES : Arch. Dép. Nièvre : état civil de Dornecy et de Clamecy ; M 20 (sous-préfets de l’arrondissement de Clamecy) ; M 515 (élections municipales de Clamecy de 1800 à 1866) ; 6 U 1/2 (tribunaux de commerce). — Journaux Le Bien du Peuple et le Journal de la Nièvre.. — Bibl. Nat., Ln 27/19.645 : Notice sur Claude Tillier au profit de ses enfants. Prix : 75 centimes, Clamecy, Cégretin imprimeur-libraire, in-12, 24 pp., sans indication de date, mais certainement de 1844.

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