PATAPY Jean

Avoué à Limoges ; considéré par les autorités locales comme le chef d’un complot visant à soulever la ville et ses alentours après le coup d’État ; exilé en Belgique.

Il fut nommé avoué à Limoges (Haute-Vienne) par décret de 1830. Il était absent de la ville dans la période qui précéda les élections du 23 avril 1848. Dans sa déposition lors de l’instruction du procès des démocrates arrêtés à l’occasion des événements du 27 avril, il déclara n’avoir pas eu connaissance de mouvements ayant pour objet de préparer les élections, ni de projet tendant à soulever les ouvriers des chantiers communaux ou nationaux. Il était de retour à son domicile, le 27 avril, mais dut garder la chambre pour des raisons de santé. Voir Briquet Charles
En mars 1850, il signa une circulaire en faveur de la candidature de Ducoux en remplacement de Daniel Lamazière, privé de son siège à la suite de la manifestation du 13 juin 1849 au Conservatoire des Arts et Métiers.
En décembre 1851, il fut considéré comme le chef des sociétés populaires secrètes existant dans plusieurs localités du département qui essayèrent de s’opposer au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. « C’est dans la maison de Patapy que s’est tramé le complot insurrectionnel qui avait pour but d’amener des bandes armées sur Limoges. On le regarde ici comme ayant été le principal promoteur du complot. »
Divers militants de Limoges ou des campagnes (parmi ceux-ci plusieurs médecins, notaires, avocats, etc.) cherchèrent à soulever les cantons de la Haute-Vienne. Mais, le 6 décembre, dès qu’il connut les nouvelles de Paris, Patapy fit porter un contre ordre. Ce contre ordre ne put arriver à temps dans la région de Linards où se produisit une collision entre un régiment de hussards et un groupe de 150 paysans venus de Saint-Paul-d’Eyjeaux et de Saint-Bonnet-Briance.
En mars 1852, Patapy fut condamné par la Commission mixte de la Haute-Vienne à la transportation en Algérie (« Algérie + »), peine qui fut commuée ensuite en expulsion du territoire français avec passeport pour les États-Unis. Il fut autorisé à rester quinze jours à Paris pour négocier la cession de son étude d’avoué. Il obtint ensuite un passeport pour la Belgique. Le 14 août 1856, Patapy, réfugié à Bruxelles, fut autorisé à rentrer provisoirement en France et à rester jusqu’au 15 septembre suivant. Le 20 décembre 1856, le préfet informa le ministre que Patapy n’avait pas paru à Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article35840, notice PATAPY Jean, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 14 avril 2022.

SOURCES : Arch. de la Haute-Vienne, M 747, Surveillance d’individus (Dossier Patapy). — E. Ténot, La Province en 1851, Paris, Le Chevalier, 1868. — Chénon de Villiers, Limoges en Décembre 1851, plaquette in-12, Paris, Marteau 1869. — P. Cousteix, « L’action ouvrière en Haute-Vienne sous la Seconde République », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1954.

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