ÉGRETAUD Pierre, Adrien, René [parfois ÉGRETAUD René]

Par Jean-Jacques Doré, Claude Geslin

Né le 23 août 1880 à Saint-Amant-de-Graves (Charente), mort le 23 juillet 1947 à Jarnac (Charente) ; cheminot de Thouars (Deux-Sèvres), du Havre puis de Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; syndicaliste CGT ; militant socialiste ; révoqué en 1920.

Fils d’un maréchal-ferrant, Pierre Égretaud s’engagea dans la marine nationale. En 1905, à la fin de son contrat, il était quartier maitre mécanicien, et obtint un certificat de bonne conduite qui fut signé du capitaine de corvette Julien Viaud (Pierre Loti). Sur sa fiche matricule il est décrit comme ayant les cheveux châtain foncé, le front rond, les yeux châtain foncé, la bouche moyenne, le visage ovale et mesurait 1,59 mètre.

Le 24 novembre 1905, il obtint un emploi d’homme d’équipe à l’essai aux chemins de fer de l’État, puis passa visiteur le 26 mars 1907. Fondateur de la Bourse du travail de Thouars, il fut mobilisé comme cheminot au dépôt du Havre en août 1914 et reconstitua avec Gaston Raulin le syndicat local dont il fut élu archiviste le 22 février 1917.

Facteur à l’exploitation en résidence au Havre, il fut élu secrétaire du syndicat des cheminots, après le départ de Raulin à Sotteville, le 30 janvier 1918, il était assisté de Pierre Fouré et Émile Ménard (secrétaires adjoints), de Gabriel Jousson (trésorier), Léopold Poretz (trésorier adjoint) et Lucien Le Bian (archiviste) ; l’organisation comptait alors 430 militants. Début 1919, Egretaud renonça au secrétariat du syndicat (remplacé par Louis Baudu) pour se consacrer à l’action politique au sein de la SFIO, en perspective des différentes échéances électorales.

Gréviste en févier et mai 1920, il fut révoqué dès le 16 mai et quitta le Havre pour Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) en août 1921 où l’attendait un poste de représentant de commerce.

Domicilié 76 boulevard Delasseur, il fut candidat socialiste aux élections législatives dans la deuxième circonscription de Loire-Inférieure en 1924. Lors du congrès fédéral de Loire-Inférieure, le 26 mai 1924, il proposa la participation ministérielle, pais fut combattu par Gautier et Dalby en particulier. La Fédération se prononça à une large majorité, contre la participation aux côtés des Radicaux.

Le 9 octobre 1924, Egretaud obtint sa réintégration aux chemins de fer de l’État et fut nommé à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) comme contremaître adjoint et consacra l’essentiel de sa vie militante au Parti socialiste SFIO. Candidat aux élections municipales de 1925 à Dieppe, sous le prénom René, en 7e position sur la liste présentée par le Parti socialiste SFIO à Dieppe, dont Camille Martinet était la tête de liste, et obtint 851 voix et ne fut pas élu. Il fut de nouveau candidat aux élections municipales partielles du 3 avril 1927, avec Camille Martinet et André Perry. Il obtint 1578 voix mais ne fut pas élu. Il était alors le secrétaire de la section de Dieppe, rédacteur d’articles au Progrès social, et contremaitre aux chemins de fer de l’État. Il fut membre de la Commission administrative de la Fédération de Seine-Inférieure de 1926 à 1928 ; à la suite d’une nouvelle affectation, il quitta le département au début de 1929,

Il s’était marié le 28 octobre 1905, Saint-Même-les-Carrières (Charente) avec Isabelle Trainaud. Marcel Égretaud était son fils. Durant de sa vie dieppoise, il habitait 117 rue Gambetta.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article3586, notice ÉGRETAUD Pierre, Adrien, René [parfois ÉGRETAUD René] par Jean-Jacques Doré, Claude Geslin, version mise en ligne le 16 novembre 2020, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Jean-Jacques Doré, Claude Geslin

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Inférieure, 10 MP 1408 Bureaux syndicaux 1918-1919,10 MP 358, 10 MP 1313 Grèves des cheminots 1920, série R Autorisations militaires des réunions syndicales, — Arch. dép. de Charente État civil de Saint-Amant-de-Graves , Registre matricule militaire. — Arch. Dép. Loire-Atlantique, 1 M 116. — Le Travailleur de l’Ouest, 1924. — le Progrès social, fonds ancien de Dieppe, quai Bérigny. — Listes électorales de la ville de Dieppe, fonds ancien de Dieppe. — Gallica, journal officiel du 28 novembre 1905 et du 29 mars 1907. — La Vigie de Dieppe, 9 mai 1925, 12 avril 1927.— Le Fil rouge, numéro 34, revue de l’IHS-CGT de Seine-Maritime. — Notes de Gilles Pichavant.

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